La deuxième phase du projet « Pour Elles », porté par Expertise France et financé par l’Agence française de développement, va accompagner 600 nouvelles femmes entrepreneures en République démocratique du Congo. L’annonce a été faite à Kinshasa lors d’une rencontre organisée mardi 15 septembre, en présence de Jérémie Pellet, directeur général d’Expertise France, et d’Aurélie Delaroche, directrice déléguée de l’agence.
Ce programme vise à renforcer la participation des femmes à l’activité économique en agissant sur l’accès aux compétences, aux financements et aux réseaux professionnels. Selon Florence Douaze, directrice pays d’Expertise France en RDC, la première phase a permis d’accompagner 654 femmes entrepreneures, dont environ 300 bénéficiaires de subventions, avec l’implication de 11 structures d’accompagnement dans trois zones d’intervention.
Un accompagnement qui dépasse le simple financement
Pour Expertise France, l’appui financier et le renforcement des compétences ne suffisent pas à eux seuls à améliorer durablement les trajectoires entrepreneuriales des femmes. Florence Douaze a souligné l’influence de plusieurs facteurs : les responsabilités familiales, les normes sociales, l’accès aux réseaux professionnels, la confiance en soi ou encore la perception de la place des femmes dans l’économie. « L’accès aux compétences ou aux sciences ne suffit pas toujours, parce que les normes sociales, les responsabilités familiales, l’accès au réseau professionnel, la confiance en soi ou encore la représentation de la place des femmes dans l’économie influencent très fortement et directement leur trajectoire entrepreneuriale », a-t-elle déclaré.
Cette approche élargie se traduit par des interventions portant également sur les stéréotypes de genre, la production de connaissances et la mise en place d’un observatoire de l’entrepreneuriat féminin durable.
Un mécanisme de recyclage des fonds pour un effet durable
La deuxième phase du projet doit s’appuyer sur les enseignements de la première expérience. « Maintenant, c’est une deuxième cohorte de 600 femmes entrepreneures qui va être accompagnée », a annoncé Florence Douaze. Cette nouvelle étape introduit un mécanisme de recyclage des fonds issus des prix d’honneur accordés aux bénéficiaires. L’objectif est que les remboursements puissent être réinvestis au profit d’autres entrepreneures. « Nous souhaitons expérimenter le recyclage des fonds qui est issu des prix d’honneur, afin que les remboursements puissent être réinvestis au bénéfice d’autres entrepreneurs pour qu’un cercle vertueux se mette en place », a expliqué la directrice pays.
Ce dispositif vise à permettre aux ressources mobilisées de bénéficier successivement à plusieurs porteuses de projets, plutôt que de limiter leur utilisation à une seule cohorte.
Structurer l’écosystème entrepreneurial congolais
La question de la structuration de l’écosystème entrepreneurial congolais a également occupé une place importante dans les échanges. Partenaire du projet, l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (Anadec) travaille avec Expertise France autour de son plan de transformation. Son directeur général, le professeur Godefroy Kizaba, a expliqué que l’ambition de l’Anadec est de faire évoluer son rôle : d’une institution principalement tournée vers la délivrance de services, elle entend devenir un acteur capable d’organiser, de structurer et de garantir la qualité de la formation et de l’accompagnement entrepreneurial à l’échelle nationale.
Plusieurs difficultés restent toutefois à surmonter, notamment l’accès au financement, les lourdeurs administratives et le déficit de services d’appui technique de qualité. La résilience des petites et moyennes entreprises, considérées comme des acteurs importants de la croissance et de la création d’emplois, constitue également un enjeu.
Pour Expertise France, la nouvelle phase de « Pour Elles » doit aussi permettre de mieux définir la contribution de l’agence à la structuration de l’écosystème entrepreneurial congolais. « Cette nouvelle phase doit aussi nous permettre de mieux identifier ce que constituerait demain pour nous la valeur ajoutée d’Expertise France dans cet écosystème en RDC », a indiqué Florence Douaze. Près d’une dizaine d’entrepreneurs soutenus par l’agence ont pris part aux échanges pour présenter leurs expériences et revenir sur différents projets consacrés à la promotion de l’entrepreneuriat féminin.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
