Ce 19 septembre 2026, la République démocratique du Congo fait face à une actualité dense, entre urgence sanitaire, insécurité persistante à l’Est, initiatives humanitaires, affaires de justice financière et tensions économiques. De l’appel de MSF pour renforcer la riposte à Ebola aux recommandations de Jules Alingete sur le contrôle des finances publiques, en passant par les affrontements au Sud-Kivu et la mission d’Ève Bazaïba à Beni, voici les faits marquants de la journée.
Ebola : MSF réclame un appui renforcé de l’OMS et de l’ONU
L’épidémie d’Ebola continue de s’étendre en RDC, et Médecins Sans Frontières tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié le 18 septembre, l’organisation humanitaire demande un appui opérationnel plus fort des agences des Nations unies, en particulier de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon MSF, ses équipes ne peuvent pas, seules, répondre à la multiplication des foyers de transmission dans des zones où les capacités de préparation et de riposte restent limitées. L’épidémie de souche Bundibugyo touche les provinces de la Tshopo et du Bas-Uele, avec 1 798 guérisons enregistrées au 16 septembre, mais aucune nouvelle zone de santé affectée n’a été notifiée à cette date. MSF déploie des équipes de réponse rapide pour la détection précoce, la prise en charge, la prévention et le suivi des contacts. L’organisation estime qu’une mobilisation plus réactive et plus globale est nécessaire, particulièrement dans les zones éloignées des principaux centres opérationnels. Lire l’article complet.
Sud-Kivu : les affrontements au Point Zéro provoquent des déplacements massifs
La situation sécuritaire se dégrade dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu. Depuis la matinée du 19 septembre, des affrontements opposent la coalition FARDC-Wazalendo, appuyée par des forces burundaises, à la coalition AFC/Red Tabara-Twirwaneho au Point Zéro. Ces violences s’étendent progressivement vers d’autres localités, provoquant des déplacements massifs et une perturbation profonde des activités socio-économiques dans les hauts et moyens plateaux de Fizi, Uvira et Itombwe. Les villages de Biziba et Irumba, dans les périphéries de Minembwe, ont déjà été touchés par les débordements des combats. Les structures de la société civile alertent sur une crise humanitaire qui s’aggrave, alors que les combats se sont déplacés vers les villages de Natulonge et Kabindo, dans le territoire de Fizi. La multiplicité des acteurs armés rend la lecture du conflit complexe et expose les civils à une insécurité permanente. Lire l’article complet.
Ève Bazaïba à Beni : quel avenir pour les déplacés internes ?
La ministre d’État chargée des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaïba, a entamé une mission humanitaire d’urgence à Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu. Face à une crise prolongée, elle a annoncé l’organisation d’un processus administratif visant à identifier les déplacés internes volontaires souhaitant regagner leurs milieux d’origine. Cette démarche soulève des questions sur les modalités pratiques : comment garantir la sécurité des personnes qui choisiront de rentrer ? Quels critères détermineront le caractère volontaire du retour ? La ministre a également indiqué qu’une évaluation des besoins en kits de réinsertion, en kits de soudure ainsi qu’en mesures sécuritaires sera effectuée. Après le Nord-Kivu, elle se rendra en Ituri et au Sud-Kivu pour les mêmes objectifs. Reste à savoir si cette mission débouchera sur des actions concrètes et coordonnées. Lire l’article complet.
Kongo Central : Grâce Bilolo face à la Cour des comptes
La Cour des comptes a examiné, vendredi 18 septembre, un dossier mettant en cause Grâce Bilolo, gouverneur du Kongo Central au moment des faits, ainsi que deux autres responsables provinciaux. Le ministère public leur reproche d’avoir participé à des opérations financières portant sur plus de 9,5 millions de dollars américains sans l’intervention préalable du comptable public. Les faits concernent principalement deux marchés publics : l’acquisition d’engins de travaux publics auprès de Manews SARL et la construction du siège de l’Assemblée provinciale. Selon les conclusions du parquet, certaines demandes de virement auraient été exécutées sans le visa préalable du comptable public. Le procureur général demande que les trois responsables soient déclarés comptables de fait et enjoints de produire un compte unique des fonds publics maniés. Cette affaire illustre les enjeux de la gestion des finances publiques en RDC. Lire l’article complet.
Ituri : près de 18 000 élèves sécurisés par la MONUSCO et les FARDC
Dans un contexte d’insécurité persistante, la MONUSCO a annoncé que près de 18 000 élèves ont bénéficié de mesures de sécurisation en Ituri, dans le cadre de la campagne « Écoles plus sûres » menée avec les FARDC. L’initiative vise à garantir la continuité de l’éducation dans les zones affectées par l’insécurité, notamment dans le territoire de Djugu. Des patrouilles conjointes sont déployées quotidiennement à proximité des écoles et dans les zones vulnérables. Ce dispositif a permis à des milliers d’élèves de passer leurs examens dans des conditions sécurisées : 14 876 élèves ont présenté l’Examen national de fin d’études primaires entre le 22 et le 25 juin, auxquels s’ajoutent près de 3 000 candidats venus des territoires d’Aru, de Mahagi et de Mambasa. La collaboration entre la Mission onusienne et les FARDC apparaît comme un levier pour atténuer l’impact de l’insécurité sur le système éducatif local. Lire l’article complet.
Mbuji-Mayi : la spéculation pointée dans la hausse du prix du maïs
La flambée du prix du maïs à Mbuji-Mayi mobilise les autorités provinciales et nationales. Une délégation du ministère de l’Économie nationale, conduite par Emmanuel M’Firi Kontin, a rencontré jeudi 17 septembre le gouverneur du Kasaï-Oriental, Jean-Paul Mbwebwa Kapo. Les échanges ont mis en évidence que les difficultés d’acheminement ne suffisent pas à expliquer la situation : des pratiques spéculatives seraient également en cause, alors que les stocks disponibles au Service national sont jugés suffisants. Une mission de vérification doit être menée sur les marchés et auprès des acteurs de la chaîne d’approvisionnement pour identifier les blocages et contenir la spéculation. Le ministère et le Fonds de régulation économique (Forec) doivent accompagner les actions du gouvernement provincial. Le maïs étant un aliment de base, sa cherté pèse directement sur le budget des ménages, en particulier les plus modestes. Lire l’article complet.
Jules Alingete plaide pour un contrôle a priori des finances publiques
À Paris, Jules Alingete, inspecteur général des Finances honoraire, a présenté son ouvrage consacré au contrôle a priori des finances publiques, une méthode qu’il juge déterminante pour la gouvernance et la lutte contre la corruption. Le contrôle a priori consiste à examiner les opérations financières avant leur exécution, afin de détecter en amont les irrégularités. En RDC, cette approche est désignée sous le terme de « patrouille financière ». Selon Alingete, elle a produit des résultats palpables et mérite d’être appropriée par les gestionnaires, inspecteurs, contrôleurs et auditeurs. Il a insisté sur le lien entre gestion des ressources publiques et développement, déclarant : « Une mauvaise gestion des ressources financières du pays peut consacrer le sous-développement et, pourquoi pas, la misère collective. » Il a appelé à une collaboration renforcée entre les corps de contrôle pour prévenir les pratiques contraires aux règles de gestion. Lire l’article complet.
De l’urgence sanitaire à la gouvernance financière, la journée du 19 septembre 2026 illustre les défis multiples auxquels la RDC est confrontée. La riposte à Ebola, la protection des civils dans l’Est, la gestion des déplacés, la transparence financière et la stabilité économique sont autant de fronts qui exigent des réponses coordonnées et durables.
