Le gouvernement provincial du Maniema a interdit toute manifestation publique à caractère politique sur l’ensemble de son territoire du 15 au 30 septembre 2026. La décision, signée par le ministre provincial de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Me Lawamo Selemani Taylor, invoque des « raisons sécuritaires » sans en préciser la nature. Le message officiel, daté du 14 septembre, a été adressé aux autorités politico-administratives et aux services de sécurité de la province.
« Aucune manifestation publique à caractère politique n’est autorisée dans vos entités respectives du 15 au 30 septembre 2026 », indique le document. Le ministre demande à la Police nationale congolaise (PNC), aux FARDC et aux autres services de sécurité de prendre les dispositions nécessaires pour sécuriser la population et ses biens. Il exige une « exécution sans faille » de cette directive.
Un calendrier qui coïncide avec l’appel de la Coalition Article 64
La mesure intervient au moment où la Coalition Article 64 (C64) avait annoncé des manifestations dans plusieurs villes du pays le 15 septembre. À Kindu, la mobilisation prévue par cette coalition n’a finalement pas eu lieu, dans un contexte marqué par un important déploiement des forces de sécurité. Le ministre provincial ne fournit toutefois aucun détail supplémentaire sur les raisons sécuritaires ayant motivé l’interdiction de toute manifestation politique pendant quinze jours.
Une directive sans précision sur les menaces
Le message officiel ne précise pas la nature des menaces à l’origine de cette mesure. Il se limite à évoquer des « raisons sécuritaires » et à demander aux services de sécurité de sécuriser la population et ses biens. Cette absence de détail laisse planer l’incertitude sur les motifs réels de l’interdiction, alors que la province du Maniema n’a pas connu de troubles majeurs récents selon les informations disponibles.
Un déploiement sécuritaire visible à Kindu
À Kindu, chef-lieu de la province, un important déploiement des forces de sécurité a été observé le 15 septembre, jour où la Coalition Article 64 avait prévu une mobilisation. Aucun incident n’a été signalé, et la manifestation annoncée n’a pas eu lieu. La directive du ministre provincial s’applique à l’ensemble de la province, mais c’est à Kindu que la présence sécuritaire a été la plus visible.
La décision du gouvernement provincial soulève des questions sur l’équilibre entre le maintien de l’ordre public et le respect des libertés fondamentales. En l’absence de précisions sur les menaces sécuritaires, certains observateurs pourraient y voir une mesure préventive visant à empêcher toute mobilisation politique dans une période sensible. Toutefois, aucune déclaration officielle ne vient étayer cette hypothèse.
Le ministre Lawamo Selemani Taylor n’a pas répondu aux sollicitations de la presse pour détailler les raisons de cette interdiction. La population du Maniema est appelée à respecter la directive, sous peine de s’exposer à des mesures de maintien de l’ordre. La période d’interdiction court jusqu’au 30 septembre 2026, et aucune indication n’a été donnée sur une éventuelle prolongation.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
