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À Kindu, les militants de l’opposition relâchés après arrestation

La libération, mardi 15 septembre en fin de journée, des militants de l’opposition arrêtés à Kindu quelques jours plus tôt met fin à une séquence de tension dans le chef-lieu du Maniema. Ces membres de la Coalition Article 64 (C64), interpellés le samedi 12 septembre alors qu’ils menaient des activités de sensibilisation en prélude à la marche nationale du 15 septembre, étaient détenus par l’Agence Nationale de Renseignements (ANR). Leur remise en liberté est intervenue après des démarches menées notamment par la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) et l’ONG Haki za Binadamu, selon des sources proches d’Ensemble pour la République.

Cette issue apaise une situation qui avait suscité l’inquiétude des organisations de défense des droits humains et de la coalition d’opposition. Dès le lendemain des arrestations, la coordination provinciale de la C64/Maniema avait dénoncé des interpellations qu’elle qualifiait d’arbitraires, affirmant avoir respecté la procédure légale d’information préalable des autorités. La coalition avait alors exigé la libération immédiate de ses militants et sollicité l’implication de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) pour obtenir une médiation.

Un dispositif sécuritaire qui a empêché la marche

Malgré la confirmation par la C64/Maniema du maintien de sa marche pacifique et son appel à une participation massive de la population, la manifestation prévue ce mardi 15 septembre n’a finalement pas eu lieu dans les rues de Kindu. Dès les premières heures de la matinée, un important dispositif sécuritaire a été déployé à travers la ville. Des éléments de la police et des services de sécurité ont été positionnés aux principaux carrefours et points de départ habituellement utilisés pour ce type de mobilisation, empêchant tout rassemblement de prendre forme.

Le député élu de Kindu et cadre de la C64/Maniema, Abeli Choma Florent, a réagi à cette situation dans une déclaration faite dans la journée. Il a dénoncé ce qu’il a qualifié de dérives autoritaires et déploré un climat d’intimidation dans la ville. Cette mobilisation, empêchée à Kindu comme dans plusieurs autres villes, s’inscrivait dans un mot d’ordre national lancé par la C64 pour s’opposer à tout projet de révision ou de changement de la Constitution.

Les enjeux constitutionnels au cœur de la mobilisation

La coalition d’opposition s’appuie notamment sur les articles 70 et 220 de la Constitution du 18 février 2006. Le premier encadre la durée du mandat présidentiel, tandis que le second verrouille certaines dispositions contre toute révision, dont le principe de l’alternance démocratique. Pour la C64, le renvoi au Parlement de la loi portant organisation du référendum, pour une nouvelle délibération après les réserves émises par la Cour constitutionnelle, ne constitue ni un retrait de cette loi ni un abandon du projet de changement constitutionnel.

La coalition estime en outre qu’un tel projet, dans un contexte national marqué par la guerre à l’Est du pays, ferait peser un risque supplémentaire sur la cohésion nationale, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. Ces arguments ont nourri l’appel à manifester le 15 septembre, une journée qui devait être l’occasion pour l’opposition de faire entendre son opposition à ce qu’elle considère comme une menace pour l’alternance démocratique.

Une libération qui soulève des questions sur les motifs d’arrestation

Jusqu’à ce mardi, les autorités provinciales n’avaient communiqué ni sur les motifs officiels de ces arrestations ni sur leur position quant à la tenue de la marche. La libération des militants, intervenue sans qu’aucune charge ne soit rendue publique, laisse en suspens la question de la base légale de leur détention. Les organisations de défense des droits humains, qui ont joué un rôle dans les démarches ayant conduit à leur relaxation, pourraient demander des clarifications sur les conditions de ces interpellations et sur le respect des procédures.

Cette séquence à Kindu illustre les tensions récurrentes entre les autorités et l’opposition autour des mobilisations politiques. Alors que la C64 maintient sa contestation du projet de révision constitutionnelle, la question de la liberté de manifester et du respect des droits des militants reste un point de friction majeur. La libération des militants de Kindu, si elle apaise la situation immédiate, ne règle pas le différend de fond sur l’organisation de futures mobilisations.

A lire aussi : Maniema : à Kindu, 12 militants de la C64 arrêtés avant la marche ; Marche C64 : Muyaya accuse l’opposition de manipulation

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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