La section de Kikwit du parti Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé) a annoncé la libération de six de ses militants, interpellés la veille lors de la dispersion d’une marche de la Coalition C64. Parmi eux figuraient deux cadres locaux, dont la première secrétaire exécutive urbaine et le secrétaire chargé de la Communication. Cette remise en liberté s’est déroulée en deux temps : les cadres ont été relâchés dans la journée, tandis que les quatre autres militants l’ont été en début de soirée.
Cette issue rapide intervient après une journée marquée par des tensions dans la ville du Kwilu. La marche, organisée par la Coalition C64, avait été dispersée par les forces de l’ordre. Me Vainqueur Bwabizini, cadre de l’ECiDé, a dénoncé les conditions de cette intervention policière, estimant que les organisateurs avaient respecté les obligations légales.
Une procédure légale respectée selon l’ECiDé
Selon Me Vainqueur Bwabizini, les organisateurs de la marche avaient préalablement informé le maire de Kikwit et accompli les formalités requises. « On était au point de départ, on a été dispersés de manière sauvage, avec six personnes interpellées. Nous avions informé le maire de Kikwit, mais c’est désolant de voir ce que la police a fait hier, car nous sommes dans un régime d’information. Nous avions accompli tous les devoirs légaux. Il ne restait qu’à sécuriser la marche », a-t-il déclaré.
Cette déclaration met en lumière le décalage entre les démarches administratives effectuées par les organisateurs et la réponse des forces de l’ordre. Pour l’ECiDé, la dispersion de la marche et les interpellations qui ont suivi ne se justifiaient pas au regard du cadre légal en vigueur.
Un dispositif policier visible avant la marche
Quelques heures avant le début de la manifestation, un important dispositif policier avait été déployé dans plusieurs points stratégiques de Kikwit. Les forces de l’ordre étaient notamment présentes au rond-point Monument, à la tribune Camp Nsinga, à l’hôtel Muzito et au rond-point Cohydro. Cette présence renforcée annonçait une journée sous tension dans la ville.
La dispersion de la marche de la C64 s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisations de l’opposition en République démocratique du Congo. La Coalition C64, qui regroupe plusieurs partis et organisations de la société civile, avait appelé à des manifestations dans plusieurs villes du pays. À Kikwit, la réponse des autorités a été ferme, avec des interpellations qui ont finalement été suivies de libérations le jour même.
Une libération rapide mais des questions en suspens
La remise en liberté des six militants de l’ECiDé, intervenue le jour même de leur interpellation, a été confirmée par le parti. Cette issue rapide pourrait apaiser les tensions à court terme, mais elle ne clôt pas le débat sur les conditions de dispersion de la marche. Me Vainqueur Bwabizini a clairement exprimé le mécontentement de son parti face à ce qu’il considère comme une intervention disproportionnée.
Pour les habitants de Kikwit, cet épisode illustre les difficultés rencontrées par les partis d’opposition pour exercer leur droit de manifester. La question de la sécurisation des marches, lorsque toutes les formalités ont été remplies, reste posée. L’ECiDé, par la voix de ses cadres, entend continuer à dénoncer ce qu’il perçoit comme une restriction de l’espace démocratique.
A lire aussi : Maniema : à Kindu, 12 militants de la C64 arrêtés avant la marche ; Isiro : l'interdiction de la marche anti-insécurité bloque l'économie
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
