Le gouvernement provincial de Kinshasa a annoncé, lundi 14 septembre, un compromis avec l’opposition sur l’itinéraire de la manifestation prévue ce mardi 15 septembre contre le changement de la Constitution. Le sit-in ne se tiendra finalement pas devant le Parlement, mais près du siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), à côté de l’école Sévigné, en face du stade des Martyrs.
Ce déplacement du point de chute écarte de fait toute manifestation aux abords immédiats du Palais du peuple, qui accueille le même jour la rentrée parlementaire. Le secrétaire général du gouvernement provincial, Israël Mutala, a expliqué que l’itinéraire avait été « légèrement corrigé » pour respecter les lois et règlements de la République, en l’occurrence le principe d’inviolabilité du Parlement.
Un compromis pour préserver l’inviolabilité du Parlement
Selon Israël Mutala, l’opposition aurait consenti à modifier son parcours initial. Au lieu de converger vers le siège du Parlement ou ses alentours, le point de chute du sit-in sera désormais fixé près de la CENI. Ce changement d’itinéraire intervient après des tractations entre les autorités provinciales et les organisateurs de la manifestation.
Cette décision vise à concilier le droit de manifester et le respect des institutions. En déplaçant le rassemblement loin du Palais du peuple, les autorités évitent une confrontation directe avec les forces de l’ordre chargées de protéger le Parlement, tout en permettant à l’opposition de s’exprimer dans un espace public autorisé.
Les critiques de l’opposition sur la méthode
Interrogé quelques minutes plus tôt lors d’un Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, l’opposant Delly Sesanga avait pourtant critiqué les conditions dans lesquelles ce type de décision se prenait. Il a dénoncé des réunions tenues tard dans la nuit alors que « toute la journée et toute la semaine » auraient permis de trancher la question.
Delly Sesanga a également rappelé que des groupes proches de la majorité avaient pu, par le passé, manifester devant le Palais du peuple sans entrave. Cette remarque souligne un sentiment d’inégalité de traitement entre les différentes forces politiques dans l’exercice du droit de manifester.
Un enjeu de sécurité et d’ordre public
Le déplacement du point de chute de la manifestation de la C64 à Kinshasa répond à un double impératif : garantir la sécurité des manifestants et préserver l’ordre public autour des institutions. En choisissant un lieu éloigné du Parlement, les autorités réduisent les risques de débordements et de tensions avec les forces de l’ordre.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de fortes mobilisations politiques en RDC, où la question de la réforme constitutionnelle suscite des débats passionnés. Le choix de la CENI comme point de rassemblement n’est pas anodin : il symbolise le lien entre la contestation politique et les institutions chargées d’organiser les élections.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
