La marche annoncée par la Coalition 64 (C64) à Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, n’a pas pu se tenir ce mardi 15 septembre. Les forces de l’ordre ont dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogènes au rond-point Notre-Dame, point de ralliement prévu contre tout projet de changement de la Constitution. Plusieurs personnes ont été interpellées, dont un cadre du parti Ensemble pour la République. Cet épisode illustre les tensions autour de la mobilisation politique dans la région, où le droit de manifester se heurte aux impératifs sécuritaires invoqués par les autorités locales.
Un dispositif policier visible dès l’aube
Dès 6 heures du matin, un important dispositif sécuritaire était déployé au rond-point Notre-Dame et dans plusieurs zones stratégiques de la ville, selon les constats de Radio Okapi. Vers 9h30, des militants de l’Envol, de l’Alliance pour le Changement et de l’ECIDÉ ont tenté de rejoindre le lieu du rassemblement. Ils ont été dispersés par la police à coups de gaz lacrymogènes. Cette intervention rapide a empêché tout début de manifestation, laissant les organisateurs dans l’impossibilité de faire entendre leur message contre un éventuel changement constitutionnel.
Des interpellations et une résidence encerclée
Parmi les personnes interpellées figure Maître Jacques Nkole, cadre du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi. Au même moment, la résidence du secrétaire exécutif de l’ECIDÉ au Kasaï-Central était encerclée par des policiers. Un militant de ce parti a expliqué que cette présence policière a empêché plusieurs membres de rejoindre la manifestation. « Notre président de l’ECIDÉ ici au Kasaï-Central est encerclé par la police à partir de chez lui. Donc, on n’a pas pu sortir. La maire de la ville nous a étouffés, alors que c’est légal, c’est constitutionnel », a-t-il déploré. Cette situation a renforcé le sentiment d’une restriction des libertés publiques parmi les opposants au projet de révision constitutionnelle.
Une interdiction contestée par les organisateurs
La mairie de Kananga avait interdit cette marche samedi dernier, invoquant des raisons sécuritaires. Malgré cette décision, les organisateurs avaient maintenu leur appel à manifester. La C64 considère que l’interdiction décidée par la mairie est contraire à la Constitution et invoque le droit de manifester pour justifier sa mobilisation contre tout projet de changement de la Loi fondamentale. Ce bras de fer entre les autorités locales et les partis d’opposition souligne les difficultés d’exercice des libertés publiques dans un contexte de fortes tensions politiques. Les prochains jours pourraient être déterminants pour la suite de la mobilisation, alors que la C64 n’a pas annoncé de nouvelle date pour sa marche.
A lire aussi : Kasaï : le pont sur la Muadi facilite l’accès au marché de Tshisanda ; Lubumbashi : la police interdit la marche de la C64
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
