La crise politique et sécuritaire en République démocratique du Congo s’aggrave, mais le calendrier du dialogue national reste suspendu à la volonté du chef de l’État. Félix Tshisekedi a institué un comité d’organisation préliminaire, une étape que Jean-Pierre Bemba qualifie d’« importante » pour la suite du processus. Le ministre des Transports, également leader du Mouvement de libération du Congo (MLC), défend une approche présidentielle que rejettent les principales figures de l’opposition.
Un comité préliminaire sous autorité présidentielle
Le président de la République a choisi de ne pas convoquer directement les assises. Il a d’abord mis en place, sous son autorité, un comité d’organisation préliminaire. Cette structure doit précéder la Commission préparatoire du dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Aucun calendrier précis n’a été rendu public.
Jean-Pierre Bemba considère que cette décision « marque une étape importante » pour la République démocratique du Congo. Il appelle la classe politique et la société civile à saisir ce moment « historique » afin de créer les conditions d’un dialogue sincère avec toutes les composantes de la nation. Selon lui, « la paix, la réconciliation nationale, la reconquête de notre cohésion, l’intégration nationale et la défense de notre souveraineté exigent de chacun responsabilité, engagement et dépassement de soi ».
Une opposition qui exige une médiation indépendante
La position de Jean-Pierre Bemba tranche avec celle de la C64, principale coalition de l’opposition. Martin Fayulu et Moïse Katumbi opposent un non catégorique à un dialogue contrôlé par Félix Tshisekedi. Ils réclament un dialogue national inclusif sous une médiation indépendante, avec le chef de l’État comme partie au problème plutôt que comme arbitre.
Cette divergence de fond porte sur la maîtrise du processus. Le président impose le rythme et fixe les règles, une approche que Jean-Pierre Bemba ne conteste pas. Certains analystes estiment que ce soutien relève davantage de la solidarité gouvernementale que d’une conviction profonde. Aucune déclaration officielle ne confirme cette lecture.
Un contexte sécuritaire sous tension
Pendant que les tractations politiques se poursuivent à Kinshasa, la situation dans l’est du pays reste critique. Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, continuent de gagner du terrain. Cette avancée accentue la menace existentielle qui pèse sur la République démocratique du Congo. L’opposition investit également la rue dans la capitale.
Le dialogue national, tel que pensé par Félix Tshisekedi, devra répondre à cette double urgence : la crise sécuritaire à l’est et la fracture politique interne. La mise en place du comité préliminaire constitue une première réponse institutionnelle, mais elle ne fixe ni les participants, ni les modalités, ni le calendrier des discussions.
La suite du processus dépendra de la capacité du pouvoir à élargir le cadre au-delà de ses soutiens. La C64 maintient son exigence d’une médiation indépendante. Jean-Pierre Bemba, de son côté, invite à soutenir la vision présidentielle. Le fossé entre les deux camps reste entier.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
