À Matadi-Kibala, dans la commune de Mont-Ngafula, les familles sinistrées des pluies dévastatrices des 12 et 15 décembre 2022 continuent d’attendre leurs logements sociaux. Près de quatre ans après la catastrophe, le chantier des 1 000 logements de Mukilango est à l’arrêt, alors que la livraison était annoncée pour septembre 2024. Face à cette situation, les sinistrés s’organisent pour faire entendre leur voix et obtenir des réponses.
Une mobilisation dominicale pour maintenir le lien
Chaque dimanche, sur l’avenue Kongo, les sinistrés se réunissent autour d’Alexandre Kadada, leur président. Vêtu d’un costume noir, il insiste sur l’importance de ces rencontres pour renforcer la cohésion du groupe et identifier les véritables bénéficiaires du projet. « Ça m’étonne de recevoir des questions en route par d’autres sinistrés qui refusent délibérément d’être ici avec nous. Vous vous rendez la tâche très difficile parce qu’une fois que ces maisons sont achevées et qu’on veut nous loger, c’est à moi qu’on va poser la question des vrais sinistrés », interpelle-t-il.
Alexandre Kadada évoque aussi ses démarches auprès du ministère de l’Urbanisme et Habitat, où on lui demande si ces maisons appartiennent réellement aux sinistrés. Il affirme avoir répondu par l’affirmative, malgré les doutes exprimés par un ingénieur d’ACOPRIM sur le site. « Plusieurs fois, sur le site, un ingénieur d’ACOPRIM m’a dit que ces maisons ne nous appartenaient pas. Je lui ai alors dit : laisse, parce que tu ne maîtrises pas l’histoire de ces maisons », déclare-t-il.
Des médias comme relais pour atteindre les autorités
Le comité des sinistrés envisage désormais de porter sa cause dans les médias à forte audience. Après des reportages et des émissions qui n’ont pas été diffusés sur la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), ils souhaitent solliciter d’autres chaînes pour toucher le chef de l’État, présenté comme l’initiateur du projet. Pour financer cette démarche, des collectes sont organisées sur place, avec une compétition bon enfant entre les mamans et les papas, dans une ambiance qui rappelle certaines pratiques de mobilisation.
Le président Félix Tshisekedi comme dernier recours
Alexandre Kadada se dit convaincu que les fonds destinés au projet ont été décaissés et affirme avoir vu le contrat relatif aux logements. Après des démarches infructueuses auprès de plusieurs services, le comité envisage de saisir directement le président de la République, Félix Tshisekedi. Ce dernier s’était rendu à Matadi-Kibala peu après son retour de l’Assemblée générale des Nations unies pour rencontrer les sinistrés. « Notre souci, c’est de voir le président de la République en personne. Parce que c’est lui-même qui avait eu de la compassion pour ses compatriotes et avait vu comment nous souffrons, comment les gens pleuraient en sa présence, accompagné de son épouse. Il avait demandé au chef du groupement David Matadi-Kibala s’il pouvait trouver un endroit devant abriter des maisons pour les sinistrés. Si rien n’est fait, nous irons le voir afin que nous ayons la solution », explique-t-il.
Le chantier, financé à hauteur de 43,155 millions USD, est à l’arrêt, avec des interrogations persistantes sur l’état d’avancement du projet et l’utilisation des fonds. Une enquête d’ACTUALITÉ.CD publiée le 6 septembre dernier documentait déjà cette situation. Les sinistrés de Matadi-Kibala poursuivent leur mobilisation, dans l’attente d’une solution concrète.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
