La suspension de la grève des enseignants dans la province éducationnelle Équateur 1 annonce une reprise des cours dès ce lundi 14 septembre. Cette décision, prise samedi 12 septembre à Mbandaka lors d’une assemblée générale de la Dynamique des syndicats des enseignants, met fin à près de deux semaines de perturbation du calendrier scolaire. Les syndicats justifient ce revirement par un constat de terrain : plusieurs établissements publics fonctionnaient déjà normalement depuis le début du mouvement, le 1er septembre, avec une majorité d’enseignants présents à leur poste.
Pour les familles et les élèves, cette reprise signifie un retour à une certaine stabilité, mais les revendications de fond restent entières. Les enseignants réclament notamment la prise en charge salariale des non-mécanisés et non payés, ainsi qu’une augmentation du salaire de base à 500 dollars américains par mois. Ces demandes, si elles aboutissaient, auraient un impact direct sur le pouvoir d’achat des ménages enseignants et sur la qualité de l’éducation dans la province.
Un mouvement suspendu après un constat de suivi partiel
La Dynamique des quatre syndicats des enseignants a constaté que la grève n’était pas suivie de manière uniforme. « Tous les enseignants sont appelés à reprendre le chemin de l’école dès ce lundi sur l’ensemble de la province de l’Équateur », a déclaré François Mukadi Kashama, porte-parole de la Dynamique. Cette déclaration, rapportée par la source, souligne la volonté de coordonner la reprise tout en maintenant la pression sur les autorités.
Le mouvement avait été lancé après que la marche prévue le 1er septembre à Mbandaka a été empêchée par la police. Les enseignants avaient alors opté pour la grève, mais le suivi inégal a conduit à une réévaluation stratégique. Les délégués syndicaux sont désormais chargés de poursuivre les négociations au niveau national, à Kinshasa, où des sit-in, marches et rencontres au ministère de l’Éducation nationale et de la nouvelle citoyenneté sont envisagés.
Des revendications économiques au cœur du conflit
Les enseignants demandent l’attribution de numéros matricules de la fonction publique, la suppression des zones salariales entre les enseignants des grandes villes et ceux des territoires et secteurs, ainsi que la modification du mode de paiement selon le lieu d’affectation. Ces mesures visent à corriger des inégalités structurelles qui affectent directement les revenus des enseignants et, par ricochet, la stabilité du système éducatif local.
La question de la prise en charge des enseignants non mécanisés est particulièrement sensible : elle concerne des milliers d’agents qui travaillent sans salaire régulier, ce qui fragilise leur situation économique et celle de leurs familles. L’augmentation du salaire de base à 500 dollars américains, si elle était appliquée, représenterait un changement significatif dans un contexte où le coût de la vie pèse sur les ménages.
Un retour en classe sous conditions
La reprise des cours ne signifie pas l’abandon des revendications. Les syndicats ont choisi de déplacer le combat vers la capitale, où les négociations pourraient aboutir à des avancées concrètes. Pour les parents d’élèves, cette suspension de la grève est un soulagement immédiat, mais l’incertitude demeure quant à la suite des discussions.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer si les autorités répondent aux attentes des enseignants. En attendant, la reprise des cours ce lundi 14 septembre permet de limiter les pertes de journées d’apprentissage, un enjeu crucial pour les élèves de la province de l’Équateur.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
