Le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, fait face à un déficit criant de présence policière. À l’occasion de la Journée internationale de la coopération policière, célébrée le 7 septembre, la société civile de Djugu a dressé un constat alarmant le 11 septembre : plusieurs localités restent sans aucun agent de police, tandis que les effectifs déployés ailleurs manquent cruellement de moyens logistiques.
Des localités entières privées de protection policière
Selon la société civile de Djugu, des zones comme Tse, Logo Takpa, Joo et Kparnganza ne disposent d’aucun policier pour assurer la sécurité des habitants. La situation est particulièrement préoccupante à Bule, où plus de 50 000 déplacés regagnent progressivement leurs villages, mais où aucune présence policière n’est signalée. Plus de 60 sites de déplacés dans le territoire de Djugu sont également concernés par cette absence de forces de l’ordre.
Charité Banza, membre de la société civile, résume la détresse des populations : « Il y a des endroits où la police n’existe pas et ailleurs, les policiers manquent de moyens. Comment peuvent-ils protéger les habitants ? »
Des moyens logistiques insuffisants là où la police est présente
Même dans les zones où des policiers sont déployés, le manque de moyens de déplacement et d’équipements limite fortement les patrouilles et les interventions. Cette insuffisance opérationnelle réduit la capacité des forces de l’ordre à répondre aux besoins de sécurité des populations, notamment dans un contexte de retour massif des déplacés.
Le commissaire divisionnaire Ngoy Sengelwa a reconnu l’importance de la protection des personnes vulnérables. Il a affirmé que les policiers sont sensibilisés à cette mission et a appelé les partenaires à soutenir les efforts du gouvernement pour améliorer les capacités opérationnelles de la police. « En Ituri, la personne vulnérable, c’est cette femme victime de violences, cet enfant enrôlé de force, ce déplacé qui a tout perdu. Notre premier devoir, c’est de les protéger », a-t-il déclaré.
Un problème qui dépasse les frontières de Djugu
Les difficultés signalées à Djugu ne sont pas isolées. Des problèmes similaires sont rapportés dans les territoires de Mambasa et d’Irumu, où les populations attendent toujours le déploiement de policiers pour renforcer la sécurité. Cette situation met en lumière les défis structurels auxquels fait face la police nationale dans la province de l’Ituri, alors que les besoins de protection restent élevés dans une région marquée par des déplacements massifs et des violences récurrentes.
La société civile de Djugu continue de plaider pour un renforcement effectif des effectifs et des moyens, afin que la sécurité ne demeure pas un vain mot pour des milliers de personnes vulnérables.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
