Quatre mois après son apparition en République démocratique du Congo, l’épidémie de la maladie à virus Ebola a dépassé son pic épidémique. La courbe des contaminations est désormais en baisse, tout comme le nombre quotidien de cas confirmés et de décès, selon l’équipe de riposte. Cette évolution a été présentée, le jeudi 10 septembre à l’Hôtel du Gouvernement, lors d’une réunion technique consacrée à l’évaluation de la riposte.
Présidée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, la rencontre a réuni plusieurs membres du Gouvernement et des experts engagés dans la lutte contre l’épidémie, notamment le professeur Jean-Jacques Muyembe. Les participants ont évalué l’impact des mesures prises lors des précédentes réunions de suivi. Les premières observations ont fait état d’une baisse de la transmission, y compris dans certaines zones jusque-là considérées comme des « hotspots ».
Une épidémie sous contrôle selon les autorités
À l’issue de la réunion, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a résumé la principale conclusion de cette évaluation. « Le mot à retenir aujourd’hui, c’est que l’épidémie est sous contrôle. Et je parle évidemment sous le contrôle des professeurs Muyembe et Placide, qui s’occupent de tout ce qui est laboratoire », a-t-il déclaré.
Le porte-parole du Gouvernement a également rappelé que la situation reste suivie au plus haut niveau de l’État. Le Président de la République suit l’évolution de l’épidémie depuis son annonce officielle en mai, tandis que la Première ministre réunit régulièrement les membres du Gouvernement et les experts de la riposte afin d’évaluer la situation et d’adapter les mesures.
La vaccination, un pilier de la riposte
Sur le volet vaccinal, plus de 70 000 doses du vaccin Ervebo ont déjà été réceptionnées et les premières vaccinations ont commencé. Homologué contre la souche Ebola Zaïre, le vaccin fait toutefois l’objet d’analyses scientifiques afin de déterminer son niveau de protection contre la souche Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle.
Cette prudence scientifique est essentielle pour adapter la stratégie vaccinale. Les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts pour contenir la propagation du virus, en s’appuyant sur une coordination étroite entre les acteurs nationaux et les experts de terrain.
Un suivi au plus haut niveau de l’État
La réunion du 10 septembre s’inscrit dans un dispositif de suivi régulier mis en place depuis l’annonce officielle de l’épidémie en mai. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé cette rencontre, qui a permis de faire le point sur l’évolution de la situation épidémiologique et sur l’efficacité des mesures de riposte. Les échanges ont porté sur les données de transmission, la couverture vaccinale et les défis opérationnels rencontrés sur le terrain.
Le professeur Jean-Jacques Muyembe, figure de proue de la lutte contre Ebola en RDC, a participé aux discussions. Son expertise, ainsi que celle du professeur Placide, cité par le ministre de la Communication, est déterminante pour l’analyse des données de laboratoire et l’orientation des stratégies de contrôle. La présence de ces experts aux côtés des membres du Gouvernement témoigne de la volonté de fonder les décisions sur des bases scientifiques solides.
Des résultats encourageants mais une vigilance maintenue
La baisse de la transmission, y compris dans les zones autrefois considérées comme des foyers actifs, est un signal positif. Elle suggère que les mesures de prévention, de détection et de prise en charge commencent à porter leurs fruits. Toutefois, les autorités restent prudentes. Le caractère imprévisible des épidémies de maladie à virus Ebola impose de maintenir une surveillance étroite et de poursuivre les efforts de vaccination.
La réception de plus de 70 000 doses du vaccin Ervebo constitue une avancée majeure. Ce vaccin, déjà utilisé avec succès lors de précédentes épidémies, cible la souche Ebola Zaïre. Or, l’épidémie actuelle est due à la souche Bundibugyo, ce qui soulève des questions sur son efficacité. Des analyses sont en cours pour évaluer le niveau de protection offert par Ervebo contre cette souche spécifique. En attendant les résultats, la vaccination a débuté, ce qui témoigne d’une approche pragmatique et réactive.
La coordination entre les acteurs nationaux et les experts de terrain est essentielle pour consolider les acquis. Les réunions régulières présidées par la Première ministre permettent d’ajuster les stratégies en fonction de l’évolution de la situation. Cette approche intégrée, alliant suivi politique et expertise scientifique, est un atout pour la riposte contre l’épidémie Ebola en RDC.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
