La zone de santé de Pweto, dans l’extrême nord-est du Haut-Katanga, fait face à une progression rapide du choléra. En deux semaines, 85 cas ont été enregistrés, dont 12 décès, selon le docteur Freddy Mulenda, médecin chef de zone de santé de Pweto. Quarante-deux patients ont déjà été déclarés guéris. Cette flambée survient alors que la maladie avait déjà refait surface fin août, avec 21 cas signalés au 1er septembre, dont trois décès et onze guérisons.
Le choléra est une infection diarrhéique aiguë provoquée par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par des matières fécales. Dans les zones où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est limité, la bactérie se propage rapidement. À Pweto, l’éloignement géographique complique la réponse sanitaire, comme l’a déjà relevé l’OMS en 2024 en évoquant une transmission persistante dans le Haut-Katanga et des retards possibles dans la prise en charge.
Des kits et médicaments pour renforcer la prise en charge
Face à cette situation, le gouvernement provincial a dépêché le ministre provincial de la Santé, Jean-Claude Kisenga, à Pweto. Il est arrivé avec un deuxième lot de médicaments, kits et autres matériels médicaux, après un premier envoi d’urgence. « Nous avons compris qu’il y avait augmentation des cas de cette épidémie de choléra à Pweto. Voilà pourquoi nous sommes là, avec des kits, des matériels médicaux pour une meilleure prise en charge des malades », a expliqué Jean-Claude Kisenga.
L’objectif est de réduire la mortalité en assurant une réhydratation rapide des patients et un approvisionnement continu en intrants. L’hôpital général de référence de Katabe, où sont soignés les malades, doit absorber l’afflux de patients. La disponibilité régulière des médicaments et du matériel y est déterminante pour éviter les décès.
La sensibilisation communautaire comme levier de prévention
Au-delà des soins, les autorités misent sur la mobilisation des communautés. « Avec les cadres de base, nous avons sollicité leur implication pour une sensibilisation de la population pour éviter la propagation de cette épidémie », a ajouté le ministre provincial de la Santé. Les cadres de base sont appelés à relayer les messages de prévention dans les villages touchés.
Les recommandations portent sur des gestes simples mais essentiels : consommer de l’eau potable ou traitée, se laver régulièrement les mains, respecter les règles d’hygiène alimentaire et consulter rapidement un centre de santé en cas de diarrhée aqueuse ou de vomissements. Ces mesures visent à couper la chaîne de transmission, car le choléra se propage principalement par l’eau et les aliments souillés.
Un accès aux soins fragilisé par l’isolement géographique
La situation de Pweto illustre les difficultés des zones de santé éloignées. L’hôpital général de référence de Katabe constitue le principal point de prise en charge, mais son isolement peut retarder l’arrivée des malades et des fournitures. En 2024, l’OMS soulignait déjà que l’insuffisance de structures spécialisées dans le Haut-Katanga pouvait entraîner des retards dans le traitement des patients.
La réponse actuelle combine donc l’envoi de matériel médical, la mobilisation des cadres de base et l’implication des autorités provinciales. L’enjeu est de contenir la flambée avant qu’elle ne s’étende à d’autres aires de santé, dans un territoire où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement reste un défi quotidien.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
