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RDC : la ministre de la Culture dresse le bilan d’une année d’actions

La ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, a présenté un bilan d’étape de son action à la tête de ce ministère, un an après sa nomination au sein du gouvernement Suminwa II. Ce bilan, articulé autour de la structuration du secteur culturel, met en lumière des avancées législatives, des initiatives de rayonnement international et des chantiers de restitution patrimoniale, avec pour objectif affiché de faire de la culture un levier de développement économique.

Un cadre légal pour structurer le secteur

Parmi les réalisations majeures évoquées figure l’adoption de la première politique culturelle nationale de la République démocratique du Congo, accompagnée du statut de l’artiste. Ces deux textes, qualifiés d’historiques par la ministre, visent à poser les bases d’une professionnalisation du milieu artistique. Leur mise en œuvre est en cours, avec notamment un processus d’identification des artistes destiné à cartographier l’écosystème créatif congolais.

Sur le plan patrimonial, des arrêtés ont été pris pour protéger le tissu Kuba, un textile traditionnel emblématique, et pour créer le Centre national du cinéma. Ces mesures s’inscrivent dans une logique de préservation et de valorisation des expressions culturelles locales, tout en offrant des outils institutionnels aux créateurs.

La culture comme outil de diplomatie et de cohésion

La ministre a également insisté sur la dimension internationale de son action. La RDC a relancé sa participation au CICIBA, une organisation intergouvernementale dédiée à la culture, et a présenté sa politique culturelle lors de la conférence Mondiacult de l’UNESCO. Cette présence accrue sur la scène mondiale s’inscrit dans une stratégie de soft power voulue par le chef de l’État, selon Yolande Elebe Ma Ndembo.

La diversité culturelle congolaise, avec environ 450 tribus, est présentée comme une force à promouvoir sans fragiliser l’unité nationale. La ministre estime que la culture constitue le ciment d’un destin commun, et que la valorisation de chaque expression participe à la cohésion du pays. Cette approche se traduit par des initiatives comme l’inauguration du Musée de la Rumba dans l’ancienne demeure de Papa Wemba, ou la participation de la RDC à la Biennale de Venise avec son propre pavillon.

Restitution du patrimoine : des avancées concrètes

Le dossier de la restitution des œuvres et restes humains conservés à l’étranger a connu des développements notables. Une commission ministérielle et une structure interministérielle gèrent ce sujet stratégique. L’Université de Genève a accepté de restituer sept crânes de la communauté Butsi, et des lieux de mémoire sont en préparation pour les accueillir. Concernant la Belgique, une demande officielle a été transmise par la Première ministre, et des discussions juridiques et techniques sont en cours.

Ces démarches, bien que techniques, revêtent une importance symbolique et mémorielle forte. Elles témoignent d’une volonté de réappropriation de l’histoire et du patrimoine congolais, tout en posant des questions de logistique et de conservation que le ministère dit prendre en compte.

Vers une économie de la culture

La transformation du secteur culturel en un secteur économique rentable passe, selon la ministre, par la sortie de l’informel. La formation, la professionnalisation et la sécurisation des investissements sont présentées comme des préalables indispensables. La politique culturelle nationale est censée fournir ce cadre, afin d’ouvrir les créateurs congolais aux marchés nationaux et internationaux.

La réforme du système de gestion des droits d’auteur est également en chantier. La loi actuelle, datant de 1986, est jugée inadaptée à l’ère numérique. Un projet de nouvelle loi a été élaboré avec l’appui de la CISAC et de l’OMPI, et devrait bientôt entrer dans le circuit parlementaire. Cette réforme est présentée comme essentielle pour améliorer la protection des artistes et leur permettre de vivre de leur travail.

Le bilan dressé par Yolande Elebe Ma Ndembo met en avant une volonté de structuration globale du secteur culturel congolais. Si les textes adoptés et les initiatives lancées constituent des avancées, leur impact concret sur les revenus des artistes et sur l’économie du pays reste à démontrer. La mise en œuvre effective de ces mesures, leur financement et leur appropriation par les acteurs du secteur seront déterminants pour transformer ces annonces en réalité économique tangible.

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Article Ecrit par Amissi G

Source: Eventsrdc

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