Les embouteillages à Kinshasa ne sont plus seulement une gêne quotidienne : ils amputeraient chaque jour 30 % des revenus de la ville. C’est le constat posé par le ministre provincial des Transports et Mobilité urbaine, Jésus-Noël Sheke Wa Domene, mercredi 9 septembre dans l’émission Dialogue entre Congolais. Une déclaration qui replace la congestion routière au cœur des enjeux économiques et institutionnels de la capitale congolaise.
Un coût économique direct pour la ville
Selon le ministre, les bouchons constituent « un facteur de ralentissement de la vie économique dans la ville de Kinshasa ». Cette perte de revenus, évaluée à 30 % par jour, illustre la pression que la mobilité défaillante fait peser sur les activités commerciales, les transports et les services. Pour les habitants, chaque heure perdue dans les embouteillages se traduit par des coûts supplémentaires et une productivité en berne. Les commerçants, les transporteurs et les travailleurs subissent directement les conséquences de cette paralysie urbaine, qui freine les échanges et alourdit le quotidien.
Près de 200 km de routes déjà réaménagés
Face à cette situation, le gouvernement provincial met en avant les travaux déjà réalisés. Jésus-Noël Sheke Wa Domene affirme que près de 200 kilomètres de routes en béton armé ont été réaménagés et ouverts à la circulation au cours des 24 derniers mois. Ces chantiers s’inscrivent dans un programme plus vaste portant sur 570 kilomètres de routes, dont la livraison doit s’étaler progressivement jusqu’en 2027. L’effort d’infrastructure est donc réel, mais il reste partiel au regard de l’ampleur des besoins dans une mégapole de plus de dix millions d’habitants.
Un plan de circulation pour mieux organiser les flux
Au-delà des infrastructures, l’exécutif provincial veut agir sur la régulation du trafic. Le ministre évoque la mise en place d’un plan général de circulation, comprenant 22 plans de circulation particuliers. Leur mise en œuvre doit débuter le 20 septembre, selon ses déclarations. L’objectif est de mieux organiser les flux sur les différents axes de la capitale, en complément des travaux routiers. Cette approche intégrée vise à fluidifier le trafic là où les routes sont déjà praticables, tout en préparant l’arrivée des nouvelles voiries.
Une réponse institutionnelle attendue par les citoyens
Pour le ministre, l’amélioration de la mobilité à Kinshasa passe par la combinaison des travaux routiers, de la régulation et d’une meilleure organisation de la circulation. Reste à savoir si ces mesures suffiront à réduire durablement les embouteillages et à restaurer les revenus perdus. Les Kinois, eux, attendent des résultats concrets dans leur vie quotidienne. La crédibilité de l’action publique se jouera sur le terrain, dans la capacité à transformer ces annonces en améliorations tangibles pour les usagers de la route.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
