L’avenue Kianza, dans la commune de Ngaba à Kinshasa, est en train de changer de visage. Les travaux de modernisation routière menés par la Direction provinciale de l’Office des Voiries et Drainage (OVD) ont franchi un cap symbolique, avec un taux d’exécution physique désormais supérieur à 72 %. Un constat dressé sur place par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, lors d’une visite de chantier le week-end dernier.
Ce niveau d’avancement est le fruit d’un réajustement décidé après une première inspection ministérielle le 14 mai. À l’époque, malgré la réhabilitation de 600 mètres de chaussée et la construction de 1 000 mètres de caniveaux, plusieurs tronçons de l’avenue restaient difficilement praticables. Le ministre avait alors ordonné un redimensionnement du projet, assorti d’une rallonge budgétaire faisant passer l’enveloppe de 2,9 à 4,3 millions de dollars américains.
Un chantier élargi pour répondre aux contraintes du terrain
Depuis cette décision, les équipes de l’OVD ont élargi la chaussée, construit de nouveaux collecteurs en béton et curé les ouvrages existants. Une piste en béton est également en cours de réalisation pour renforcer la durabilité de l’infrastructure. Mais le calendrier initial, fixé à 45 jours, a dû être revu. Le directeur provincial de l’OVD, Dieudonné Tshimbalanga, explique ce retard par la découverte d’une nappe aquifère superficielle non identifiée lors des études préliminaires.
Cette contrainte technique a imposé une extension du délai d’exécution. Elle rappelle que les travaux de voirie à Kinshasa se heurtent souvent à des réalités géologiques ou hydrologiques mal anticipées. Pour les riverains de l’avenue Kianza, l’enjeu est simple : disposer enfin d’une voie carrossable en toute saison, sans craindre les inondations ou les embouteillages liés à l’état de la chaussée.
Le drainage, nerf de la guerre contre les inondations
L’OVD prévoit de renforcer les ouvrages de drainage pour mieux gérer les eaux de ruissellement, surtout à l’approche de la saison des pluies. Une préoccupation d’autant plus vive que des constructions anarchiques occupent le collecteur principal du quartier. Selon Dieudonné Tshimbalanga, ces occupations empêchent l’évacuation normale des eaux et favorisent leur refoulement sur la chaussée.
Des démolitions ciblées sont donc envisagées pour libérer l’exutoire et garantir la pérennité des travaux. Une mesure potentiellement sensible, car elle touche à l’habitat informel, mais présentée comme indispensable à la protection de l’investissement public. L’OVD poursuit en parallèle la sensibilisation des riverains sur la nécessité de préserver les caniveaux, destinés exclusivement à l’évacuation des eaux et non au dépôt des déchets ménagers.
Un investissement public sous surveillance citoyenne
La modernisation de l’avenue Kianza illustre les défis récurrents des infrastructures à Kinshasa : financements réévalués, aléas techniques, empiètements urbains. Le passage de 2,9 à 4,3 millions de dollars américains interroge sur la qualité des études préalables, mais traduit aussi une volonté de ne pas laisser un chantier inachevé.
Pour les habitants de Ngaba, l’amélioration de cette artère pourrait fluidifier la circulation et réduire les risques sanitaires liés aux eaux stagnantes. Reste à savoir si les démolitions annoncées seront menées avec discernement et si l’entretien des ouvrages sera assuré dans la durée. La réponse conditionnera la confiance des citoyens dans la capacité des pouvoirs publics à transformer durablement leur cadre de vie.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
