La maladie à virus Ebola continue de progresser en République démocratique du Congo. En quinze semaines, plus de 6 600 cas confirmés et plus de 3 000 décès ont été enregistrés, selon le rapport de situation n°114 de la Task Force présidentielle Ebola consulté par Radio Okapi mardi 8 septembre. Le taux de létalité atteint 48,1 %, ce qui signifie que près d’une personne infectée sur deux en meurt. La province de l’Ituri est la plus touchée, concentrant 80,6 % des cas confirmés du pays.
Cette épidémie est causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement spécifique homologué. Cette absence de moyens médicaux validés complique la prise en charge des malades et augmente le risque de propagation. Les autorités sanitaires doivent donc s’appuyer sur des mesures de prévention et de contrôle non médicamenteuses, comme l’isolement des patients et la recherche des contacts.
Une souche sans vaccin ni traitement homologué
La souche Bundibugyo est l’une des espèces du virus Ebola. Contrairement à la souche Zaïre, pour laquelle un vaccin a été utilisé lors d’épidémies précédentes, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est homologué pour cette souche. Cela signifie que les équipes médicales ne disposent pas d’outil préventif efficace pour protéger les populations à risque. La prise en charge repose donc sur des soins de support, comme la réhydratation et le traitement des symptômes, mais sans médicament antiviral ciblé.
Au 5 septembre, 82 nouveaux cas ont été recensés, dont 32 décès communautaires. Ces décès surviennent hors des centres de traitement, ce qui augmente le risque de contamination des proches et des soignants. L’Ituri a enregistré 49 de ces nouveaux cas, contre 31 au Nord-Kivu. L’épidémie s’est propagée à 61 zones de santé sur les 151 que compte le pays, réparties dans six provinces.
L’Ituri, épicentre d’une épidémie qui s’étend
L’Ituri demeure l’épicentre de la maladie, avec plus de huit cas confirmés sur dix recensés à l’échelle nationale. Cette concentration géographique s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’insécurité persistante dans l’Est du pays, la forte mobilité des populations et le recours aux structures de soins informelles. Ces contraintes compliquent les efforts des autorités sanitaires pour endiguer la propagation du virus.
Malgré l’ampleur de la crise, 1 548 patients ont été déclarés guéris. Par ailleurs, 851 personnes sont actuellement en isolement ou prises en charge dans des centres de traitement Ebola. Ces chiffres montrent que la riposte sanitaire fonctionne, mais qu’elle reste insuffisante face à la dynamique de l’épidémie.
Un plan d’urgence pour renforcer la riposte sanitaire
Début septembre 2026, le Gouvernement congolais et ses partenaires humanitaires ont lancé un plan stratégique d’urgence de six mois. Ce plan vise à renforcer le dépistage précoce, la recherche des contacts et l’engagement communautaire. L’objectif est de détecter plus rapidement les nouveaux cas et de limiter les chaînes de transmission.
Pour les populations, ce plan pourrait se traduire par un meilleur accès aux soins et une information plus claire sur les mesures de prévention. Cependant, les défis restent nombreux. L’insécurité dans l’Est du pays entrave le déploiement des équipes sur le terrain. La mobilité des populations favorise la propagation du virus au-delà des zones déjà touchées. Enfin, le recours aux structures de soins informelles, où les mesures de protection ne sont pas toujours appliquées, constitue un risque supplémentaire.
La progression de l’épidémie met à rude épreuve le dispositif national de riposte, en particulier dans les provinces les plus touchées. Les autorités sanitaires appellent à la vigilance et au respect des mesures de prévention, comme le lavage des mains et l’évitement des contacts avec les personnes malades ou décédées.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
