La participation du Front commun pour le Congo (FCC) au dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi reste conditionnée à des préalables précis. Interrogée lundi lors d’un Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, Marie Ange Mushobekwa a détaillé six exigences que la plateforme politique juge indispensables avant toute discussion. Selon elle, l’initiative présidentielle, sous sa forme actuelle, « ne répond pas aux exigences » du FCC.
Des mesures de décrispation politique attendues
La première condition porte sur la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion. Marie Ange Mushobekwa a également demandé l’arrêt des poursuites visant, selon ses termes, les opposants, les journalistes et les défenseurs des droits humains « qui disent des choses qui ne leur plaisent pas ». Elle a rappelé qu’« on ne peut pas tous penser de la même manière » dans une République, soulignant la nécessité d’un climat apaisé avant le dialogue. Cette exigence vise à créer un environnement où chaque participant se sente libre de s’exprimer sans crainte de représailles.
Une médiation confiée aux Églises et aux organisations internationales
Le FCC exige que la facilitation du dialogue soit assurée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), avec l’appui de l’Union africaine et des Nations unies. Cette demande vise à garantir la neutralité du processus. Marie Ange Mushobekwa a insisté sur le caractère réellement inclusif des assises, avec la participation de toutes les parties concernées. Pour le FCC, la crédibilité du dialogue dépend de la diversité des acteurs autour de la table et de l’impartialité des médiateurs.
Un dialogue hors du territoire national
La tenue du dialogue dans un pays tiers constitue une autre condition. Selon Marie Ange Mushobekwa, cette exigence doit permettre de garantir la sécurité et la liberté de parole de tous les participants. Elle a justifié cette position par le fait que plusieurs figures de l’opposition, dont Joseph Kabila, Moïse Katumbi et plusieurs membres du bureau politique du FCC, se trouvent actuellement en exil. Organiser les discussions à l’étranger réduirait les risques de pressions et faciliterait la présence de ces personnalités.
Des résolutions contraignantes et un suivi international
Le FCC souhaite que le dialogue aborde « sans tabou » l’ensemble des causes profondes de la crise congolaise. Les résolutions issues des travaux devraient être contraignantes et opposables à tous. Enfin, la plateforme réclame la mise en place d’un mécanisme international de suivi et d’application des résolutions, sur le modèle du Comité international d’accompagnement de la transition (CIAT) instauré en 2003. Ce mécanisme garantirait que les engagements pris ne restent pas lettre morte et que leur mise en œuvre soit surveillée par la communauté internationale.
Marie Ange Mushobekwa a conclu en affirmant que si ces exigences sont respectées par le président Félix Tshisekedi, le FCC participera au dialogue. « Autrement, nous n’irons pas », a-t-elle déclaré. Cette position ferme illustre la profondeur des divergences entre le pouvoir et l’opposition, et laisse planer l’incertitude sur la tenue effective de ce dialogue national.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
