La gestion de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo suscite de vives critiques. Invitée lundi d’un espace d’échange en ligne animé par Stanis Bujakera Tshiamala, l’ancienne ministre des Droits humains et cadre du Front Commun pour le Congo, Marie-Ange Mushobekwa, a dénoncé ce qu’elle qualifie de « distraction » des institutions basées à Kinshasa, alors que plusieurs provinces font face à une progression des cas.
Une crise traitée « avec légèreté » selon l’ancienne ministre
Marie-Ange Mushobekwa a d’abord exprimé sa compassion envers les populations touchées, évoquant des situations extrêmement difficiles. Elle a rappelé que des élèves de certaines localités n’ont pas pu effectuer leur rentrée scolaire à cause de la maladie, et que le personnel soignant mobilisé se plaint de retards de paiement récurrents. Sur la conduite de la riposte, elle s’est montrée sévère : l’épidémie aurait été traitée « avec légèreté » par les autorités, ce qui expliquerait l’ampleur atteinte par le nombre de cas et de décès.
Des priorités politiques pointées du doigt
L’ancienne ministre a cité l’exemple de membres du gouvernement qui, selon elle, ont multiplié les meetings consacrés au débat sur la révision constitutionnelle, au moment même où des compatriotes continuaient de mourir de la maladie. « La gestion de la crise est calamiteuse », a-t-elle martelé, estimant que davantage de moyens auraient dû être alloués aux provinces et localités touchées. Elle a aussi laissé entendre que l’absence de propagation vers les grandes villes expliquerait une forme de passivité des autorités, ces dernières n’étant pas directement « secouées » par la crise.
Le rôle de l’État rappelé face à l’épidémie
Interpellée sur le rôle de l’opposition, parfois accusée de ne pas assez se mobiliser pour sensibiliser la population, Marie-Ange Mushobekwa a répondu qu’il revient avant tout à l’État d’assumer ses fonctions régaliennes. Elle a cité l’imposition de mesures barrières, l’organisation digne des enterrements des personnes décédées, ainsi que l’octroi de moyens suffisants au personnel médical. Sans un engagement réel de l’État, a-t-elle conclu, la sensibilisation de l’opposition ou de la société civile ne suffira pas à inverser la tendance sur le terrain.
Des chiffres qui montrent l’ampleur de la crise
Selon le rapport de situation n°114 de la Task Force présidentielle Ebola, publié le 6 septembre 2026, la RDC comptabilise 6 604 cas confirmés et 3 175 décès depuis le début de la 17e épidémie de maladie à virus Ebola, soit un taux de létalité de 48,1 %. Au 5 septembre, 82 nouveaux cas ont été enregistrés, dont 32 décès communautaires, principalement en Ituri (49 cas) et au Nord-Kivu (31 cas). L’épidémie touche 61 zones de santé sur 151 réparties dans six provinces, l’Ituri restant l’épicentre avec 80,6 % des cas confirmés à l’échelle nationale. Le rapport fait également état de 1 548 patients guéris et de 851 personnes actuellement en isolement ou prises en charge dans les centres de traitement.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
