À Berlin, un colloque international a réuni du 1er au 4 septembre 2026 des écrivains et chercheurs pour examiner comment la littérature congolaise représente les violences et explore des voies de guérison. Organisé à l’Université Humboldt, l’événement s’est tenu sous le thème « Violence dans les littératures congolaises : disséquer et guérir ». Cette rencontre a permis de croiser création littéraire et recherche universitaire, en s’intéressant autant aux textes qu’aux conditions de leur production et de leur diffusion.
Le colloque a rassemblé plusieurs figures de la littérature congolaise, parmi lesquelles Jean Bofane, Fiston Mwanza Mujila, Joëlle Sambi, Nadège Kusanika et Richard Ali. Des universitaires et chercheurs venus de RDC, du Canada, de Belgique, d’Italie et d’Allemagne ont également pris part aux échanges. L’objectif était d’interroger la manière dont l’écriture met en récit les violences qui traversent l’histoire et la société congolaises, mais aussi la façon dont elle peut aider à en comprendre les conséquences.
Une table ronde sur les réalités de l’édition en RDC
Richard Ali A Mutu, écrivain, juriste et vice-président de l’Union des écrivains congolais (UECO), a modéré une table ronde consacrée à « La situation de l’édition en RDC ». Les échanges ont réuni Charles Djungu-Simba, des Éditions du Pangolin, Claire Riffard, des Éditions Nzoi, et Carl Kalire, des Éditions CalurÉ de Lubumbashi. Les discussions ont porté sur les contraintes du secteur éditorial congolais et sur les conditions nécessaires au développement de la production et de la diffusion du livre en RDC.
Cette table ronde a permis de déplacer la réflexion au-delà des œuvres elles-mêmes. Elle a abordé les conditions dans lesquelles les textes sont produits, édités et rendus accessibles au public. Pour un lecteur non spécialiste, cela revient à comprendre que la littérature ne se limite pas à l’écriture : elle dépend aussi d’un écosystème éditorial, de circuits de distribution et de politiques de soutien au livre.
Une rencontre-lecture autour du parcours de Richard Ali
Richard Ali a également fait l’objet d’une « Rencontre-Lecture » animée par la professeure Susanne Gehrmann. Cette séance a permis de revenir sur son parcours et son œuvre littéraire. Sa participation s’inscrit dans un programme plus large réunissant création littéraire et recherche universitaire. Le colloque a associé des spécialistes des littératures africaines et congolaises, parmi lesquels Susanne Gehrmann, Kasereka, Olga Hel-Bongo, Amouri, Silvia Riva, Xavier Garnier et Marie Gehrmann, selon les informations communiquées par les organisateurs.
La littérature comme espace de mémoire et de reconstruction
En plaçant les violences au centre des discussions, le colloque de Berlin a interrogé la manière dont les écrivains congolais les représentent, les analysent et en rendent compte à travers leurs œuvres. Le thème « disséquer et guérir » suggère un double mouvement : analyser les mécanismes et les traces de la violence à travers les textes, mais aussi examiner les possibilités de reconstruction qu’offre la littérature.
Les textes littéraires deviennent alors des espaces de rencontre entre mémoire, histoire et expériences individuelles. L’écriture permet de mettre en récit des réalités parfois difficiles à exprimer, mais aussi d’interroger leurs répercussions sur les individus et la société. Les échanges de Berlin ont ainsi croisé la recherche universitaire et la création littéraire, tout en abordant les différentes étapes qui permettent à une œuvre d’exister et de rencontrer son public, de l’écriture à l’édition et à la diffusion.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
