Le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, a détaillé sa feuille de route pour restructurer le secteur sportif en République démocratique du Congo. Lors d’un entretien accordé à la presse, il est revenu sur les réformes engagées, les partenariats internationaux et les perspectives économiques, tout en affichant sa satisfaction quant aux résultats obtenus depuis sa nomination.
Une identité nationale affirmée à travers les Léopards
La nouvelle tenue des Léopards, arborant le motif léopard, constitue un moment clé pour le sport et la culture congolaise. Conçue avec le designer congolais Alvin, elle vise une production locale, fabriquée en RDC par des jeunes de l’Est du pays, région touchée par les violences. Après une première étape à la CAN, cette valorisation a été amplifiée lors du Mondial pour faire du sport un vecteur culturel.
Face aux influences extérieures, le ministre estime que la jeunesse a besoin de repères solides et d’un sentiment d’appartenance. Il affirme que son ministère est déterminé à conduire ce changement avec transparence, précisant que le budget des tenues existait déjà et qu’il a simplement fait le choix d’investir dans la qualité.
Des partenariats internationaux pour la formation
Didier Budimbu a justifié les accords avec le FC Barcelone et l’AS Monaco par la nécessité de développer la technique, et non la simple visibilité. Le FC Barcelone apporte son expertise en formation, avec 50 jeunes Congolais accueillis par saison et un renforcement des capacités des formateurs locaux, assorti d’un espace culturel RDC au Camp Nou. Avec l’AS Monaco, le programme s’oriente vers la détection, prévue notamment à Gandajika, Mbuji-Mayi, Matadi et Lubumbashi, et le perfectionnement des encadreurs.
Le calendrier a subi des retards liés à la préparation de la Coupe du monde 2026, mais les échanges se poursuivent pour réajuster le planning. Concernant la polémique autour du partenariat avec l’AS Monaco, le ministre a affirmé que le club n’a jamais porté plainte et que les accusations émanaient d’un particulier congolais. Il a précisé que les flux financiers sont passés directement du Trésor public vers Monaco, sans transiter par son ministère, et que la justice monégasque a classé l’affaire sans suite en juillet 2026.
Vers une économie du sport rentable
Le secteur peut générer des ressources significatives à travers la tenue de compétitions internationales, comme le prochain championnat intercontinental de judo. Du côté des loisirs, les recettes restent sous-exploitées en raison de failles dans la perception des taxes. Une brigade de contrôle sera mise en place sur le terrain pour vérifier la conformité des établissements, appliquer des sanctions ou fermetures si nécessaire, et faire du ministère un pôle d’apport financier pour l’État.
Pour éviter l’expatriation des sportifs, le ministre préconise de bâtir un écosystème professionnel local : identification des talents, infrastructures modernes, compétitions régulières et centres de formation performants. Un recensement des athlètes a été entamé avec l’appui de la société Topal, en s’inspirant du modèle japonais, afin d’assurer un suivi rigoureux et d’étendre progressivement le soutien financier.
Perspectives pour la CAN 2029 et les infrastructures
La RDC étudie la possibilité de co-organiser une CAN à l’horizon 2029 ou 2030 avec la République du Congo, avec l’accord des deux chefs d’État. Cela exige la remise en état et la construction d’infrastructures. Malgré les contraintes budgétaires accentuées par la situation sécuritaire dans l’Est, le ministère travaille sur la création d’un fonds dédié au sport et des synergies avec le ministère du Portefeuille pour mobiliser le concours des entreprises publiques.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Eventsrdc
