AccueilActualitéSantéMasisi : l’insécurité prive les élèves de rentrée scolaire

Masisi : l’insécurité prive les élèves de rentrée scolaire

Une semaine après la rentrée scolaire officielle, les salles de classe du groupement Nyamaboko 1er, dans le territoire de Masisi, restent désespérément vides. La persistance des affrontements entre les rebelles de l’AFC/M23 et les combattants wazalendo a contraint les familles à fuir, laissant derrière elles des écoles fermées et des enfants privés de leur droit à l’éducation. Cette situation illustre une réalité brutale : dans cette partie du Nord-Kivu, l’insécurité ne se contente pas de déplacer les populations, elle interrompt aussi la scolarité de milliers d’élèves.

Selon des sources locales, plusieurs localités du groupement Nyamaboko 1er sont désormais sous le contrôle de l’AFC/M23. Face à la dégradation de la situation sécuritaire, de nombreux élèves, enseignants et parents ont quitté la zone pour se mettre à l’abri des violences. Les familles ont pris la direction des groupements Waloa Uroba et Waloa Yungu, dans le territoire voisin de Walikale, emportant avec elles leurs enfants. Ce déplacement massif vers des zones d’accueil déjà fragilisées soulève une inquiétude majeure : la capacité de ces communautés à absorber un afflux de nouveaux arrivants tout en maintenant un semblant de continuité éducative.

Une rentrée scolaire paralysée par les combats

La rentrée scolaire, prévue pour le début du mois de septembre, n’a pas pu avoir lieu dans le groupement Nyamaboko 1er. Les établissements scolaires sont restés fermés, non par choix, mais par impossibilité matérielle et sécuritaire. Les enseignants, comme les élèves, ont fui les zones de combat. Les parents, eux, sont partagés entre la peur pour la vie de leurs enfants et la crainte de les voir perdre une année scolaire entière. Cette double angoisse est aggravée par l’incertitude qui règne sur la durée des hostilités.

Les affrontements récurrents entre l’AFC/M23 et les wazalendo ont rendu la vie quotidienne impossible dans plusieurs localités. Les écoles, souvent situées au cœur des villages, sont devenues des cibles potentielles ou des lieux désertés par crainte des violences. Les parents interrogés par des sources locales expriment leur désarroi : comment envoyer un enfant à l’école quand les combats peuvent reprendre à tout moment ? Cette question, simple en apparence, résume l’impasse dans laquelle se trouvent des milliers de familles.

Des déplacés en quête de sécurité et d’éducation

Les familles qui ont fui vers Walikale espèrent trouver un refuge plus sûr, mais leur arrivée massive pose de nouveaux défis. Les groupements Waloa Uroba et Waloa Yungu, déjà confrontés à leurs propres difficultés, doivent désormais accueillir des déplacés qui arrivent avec leurs enfants en âge scolaire. Les autorités de la province éducationnelle Nord-Kivu 3 avaient pourtant anticipé cette situation : à l’approche de la rentrée, elles avaient appelé les responsables des établissements situés dans les zones relativement sécurisées à accueillir les enfants déplacés. L’objectif était clair : permettre à ces élèves de poursuivre leur parcours scolaire malgré les déplacements.

Mais cette consigne se heurte à une réalité de terrain : l’extension des affrontements vers certaines zones d’accueil rend incertaine la reprise des cours. Les parents déplacés craignent que la scolarité de leurs enfants soit davantage perturbée, voire compromise pour l’année entière. Certains estiment que la poursuite des combats et l’avancée des rebelles vers les zones d’accueil pourraient anéantir tout espoir de retour à l’école. Cette inquiétude est d’autant plus vive que les déplacements se multiplient, créant une pression supplémentaire sur des infrastructures scolaires déjà limitées.

Un avenir scolaire incertain pour les enfants déplacés

La situation dans le groupement Nyamaboko 1er met en lumière un problème plus large : l’impact de l’insécurité sur l’éducation dans l’est de la République démocratique du Congo. Chaque vague de violence entraîne son lot de déplacements, et chaque déplacement se traduit par des interruptions de scolarité. Les enfants, déjà traumatisés par la fuite et la perte de repères, voient leur avenir éducatif suspendu à l’évolution d’un conflit qui les dépasse. Les parents, impuissants, assistent à l’effritement de leurs espoirs de voir leurs enfants accéder à une vie meilleure grâce à l’école.

Pour l’heure, aucune solution durable ne se profile. Les combats se poursuivent, les déplacements s’intensifient et les écoles restent fermées. Les autorités éducatives, malgré leurs appels, ne peuvent que constater l’ampleur du défi. La rentrée scolaire dans le groupement Nyamaboko 1er est compromise, et avec elle, l’avenir de toute une génération d’élèves. La communauté internationale et les acteurs humanitaires sont attendus sur ce front, mais les réponses tardent à se concrétiser. En attendant, les enfants déplacés continuent de payer le prix d’un conflit qui ne dit pas son nom.

A lire aussi : Rentrée scolaire maintenue en Ituri et au Nord-Kivu 2 malgré Ebola ; Nord-Kivu 2 : la CDT menace de boycotter la rentrée scolaire

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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