L’annonce d’un dialogue national par le président Félix Tshisekedi a reçu un soutien appuyé de Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale. Dans un message publié vendredi 28 août sur le réseau social X, ce dernier a salué une démarche qu’il qualifie de « rupture méthodologique inédite » dans la gestion des crises congolaises. Cette prise de position intervient au lendemain du discours présidentiel qui a fixé les contours d’un processus destiné à s’attaquer aux causes profondes des difficultés du pays.
Une approche centrée sur les causes plutôt que les conséquences
Vital Kamerhe estime que le dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État place la population congolaise au cœur du diagnostic, des discussions et de la recherche des solutions. Il rappelle que les précédents processus politiques et accords de paix n’ont pas toujours été suivis de transformations profondes. « Nous avons trop souvent signé sans transformer en profondeur, traité les conséquences sans toujours nous attaquer aux causes », écrit-il. Cette critique des approches passées fonde son soutien à l’initiative présidentielle, qu’il présente comme une opportunité de rompre avec le cycle des solutions inachevées.
Un processus décentralisé pour impliquer les provinces
Le chef de l’État a précisé que le dialogue ne partira pas de Kinshasa, mais des provinces. Des forums préliminaires réuniront au chef-lieu provincial les populations, les autorités locales, les députés nationaux et sénateurs élus de la province, les représentants des entités territoriales décentralisées et déconcentrées, les partis politiques de la majorité et de l’opposition, la société civile, les autorités coutumières, les confessions religieuses ainsi que les milieux professionnels, économiques, universitaires et scientifiques. Chaque entité consultée formulera ses priorités et ses propositions, qui seront consolidées dans un document de synthèse nationale discuté lors des assises de Kinshasa.
Un comité d’organisation pour encadrer le processus
Pour assurer la préparation administrative, matérielle et logistique du dialogue, le président a promis de prendre dans les prochains jours une ordonnance instituant un comité d’organisation. Une autre ordonnance fixera les principes directeurs, les principales étapes, les modalités de représentation ainsi que les mécanismes de suivi et de mise en œuvre des conclusions. Vital Kamerhe met en avant l’engagement annoncé par Félix Tshisekedi à garantir une expression libre, une participation équitable et un débat responsable. Selon lui, ces conditions doivent permettre aux différents acteurs de dépasser leurs divergences et de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation.
Un enjeu qui dépasse les frontières nationales
L’ancien président de l’Assemblée nationale souligne que la paix et le développement de la RDC dépassent les seuls intérêts nationaux. Il considère que la stabilité du pays constitue un enjeu important pour la sous-région et les équilibres géostratégiques mondiaux. Cette dimension régionale et internationale renforce, selon lui, la nécessité de réussir ce dialogue. Il appelle les Congolais à contribuer au succès du processus afin de permettre à la RDC de jouer pleinement son rôle sur le continent africain. La réussite de cette initiative dépendra de l’implication des citoyens, appelés à mettre leurs compétences et leurs expériences au service de la refondation de l’État.
Article Ecrit par Amissi G
Sources: actu30.cd, radiookapi.net
