Les communautés riveraines du bloc gazier Idjwi, situé sur le lac Kivu dans la province du Sud-Kivu, ont formalisé leurs attentes face aux futurs investisseurs. Réunies à Bugarula, dans le territoire d’Idjwi, elles ont adopté un cahier des charges transmis samedi 22 août au ministère des Hydrocarbures. Cette démarche, encadrée par l’ONG Appui aux Initiatives Communautaires pour l’Environnement Durable (AICED), vise à garantir une participation citoyenne à toutes les étapes du projet d’exploitation du gaz méthane.
La session d’information, tenue de vendredi à samedi dans la chefferie de Ntambuka, a permis de former les habitants aux procédures légales et aux mécanismes de consultation préalable. L’objectif est simple : faire en sorte que les riverains ne soient pas de simples spectateurs, mais des acteurs capables de négocier avec les entreprises.
Un outil juridique pour peser dans les négociations
Le cahier des charges élaboré par les communautés locales s’appuie sur les dispositions du code des hydrocarbures. Ce document doit contraindre tout futur opérateur à respecter les impacts sociaux et environnementaux sur l’île d’Idjwi. Selon Faustin Nyebone, secrétaire exécutif de l’AICED, cette démarche permet aux communautés de négocier en position de force face aux investisseurs. Il explique que les capacités des communautés ont été renforcées sur l’importance d’élaborer et de présenter un cahier des charges à toute entreprise susceptible de venir exploiter le gaz méthane dans leur milieu.
Cette approche vise à transformer une ressource naturelle en levier de développement local, en imposant des obligations claires aux exploitants. Les habitants de l’île d’Idjwi se disent satisfaits de cette initiative. Une participante affirme être désormais mieux informée sur les enjeux de cette ressource. Elle demande aux futures entreprises exploitantes d’intégrer les communautés locales et de les consulter à chaque étape du projet.
Un contexte d’exploration imminente
L’État congolais a délimité quatre blocs gaziers sur le lac Kivu en 2022. Le bloc Idjwi a été attribué à la société américaine Symbion Power. En juillet 2025, cette entreprise avait annoncé le lancement prochain de ses activités d’exploration dans cette zone. Cette annonce rend la démarche des communautés d’autant plus urgente : elles veulent être prêtes avant l’arrivée des équipements et des équipes techniques.
Le gaz méthane du lac Kivu représente un potentiel énergétique important pour la région. Mais son exploitation comporte aussi des risques environnementaux et sociaux, notamment pour les populations insulaires. Le cahier des charges vise à anticiper ces enjeux en fixant des règles du jeu claires.
Une participation citoyenne comme condition du projet
La transmission du document au ministère des Hydrocarbures marque une étape importante. Elle officialise les attentes des riverains et les place au cœur du processus décisionnel. Pour les communautés, il ne s’agit pas de s’opposer au projet, mais d’en maîtriser les retombées. La consultation préalable, le respect de l’environnement et l’intégration des populations locales sont désormais des exigences écrites.
Cette initiative pourrait servir de modèle pour d’autres blocs gaziers du lac Kivu. Elle montre que les communautés, lorsqu’elles sont outillées, peuvent transformer une ressource naturelle en opportunité de développement maîtrisé. Reste à savoir si les futurs opérateurs respecteront ces engagements et si l’État veillera à leur application.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
