À Boma, dans le Kongo-Central, une cinquantaine d’agents pénitentiaires et de défenseurs des droits humains ont pris part, samedi 22 août, à un atelier consacré à la protection des droits des personnes détenues. Organisée par l’ONG Avocats des droits de l’homme (ADH) avec l’appui de Diakonia, cette rencontre visait à améliorer les pratiques de détention et à prévenir les violations des droits humains en milieu carcéral. L’initiative intervient dans un contexte où les établissements pénitentiaires de Boma cumulent les difficultés : insalubrité, manque d’éclairage, infrastructures précaires et accès limité aux soins médicaux.
Des conditions de détention qui exposent les détenus à des risques sanitaires
Un agent de santé ayant participé à la formation a alerté sur la dégradation des conditions dans la prison de Boma. « Les installations hygiéniques sont en très mauvais état, il n’y a pas de lumière dans les cellules », a-t-il déclaré. Il a également plaidé pour la construction d’une nouvelle prison et la présence régulière de laborantins, d’infirmiers et de médecins. Ces carences ne sont pas sans conséquence : l’absence d’hygiène et de soins expose les détenus à des maladies évitables, tandis que l’obscurité permanente peut aggraver les troubles psychologiques et les tensions entre prisonniers.
Clarifier les responsabilités de chaque acteur de la chaîne pénitentiaire
La formation a aussi porté sur les responsabilités des différents acteurs intervenant dans la prise en charge des détenus. Gabriel Makiesse, coordinateur de la Fédération congolaise des droits de l’homme et de développement (FCDHD), a expliqué que l’objectif était de permettre à chaque partie prenante de comprendre le rôle qu’elle doit jouer dans la protection des droits de toute personne détenue placée sous sa garde. Cette clarification vise à éviter les défaillances en cascade : quand un gardien, un infirmier ou un responsable administratif ignore ses obligations, les droits fondamentaux des prisonniers risquent d’être négligés.
La dignité humaine ne s’arrête pas aux portes de la prison
À travers ce programme, l’ONG ADH rappelle aux gestionnaires des établissements pénitentiaires que la privation de liberté ne prive en aucun cas le détenu de ses droits fondamentaux ni du droit au respect de sa dignité humaine. Ce principe, simple en apparence, a des implications concrètes : accès à l’eau potable, à des sanitaires fonctionnels, à la lumière et à des soins de base. Pour les participants, cette formation est une première étape vers une meilleure prise en compte de ces exigences, mais elle devra être suivie d’actions concrètes pour transformer les conditions de détention à Boma.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
