À Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï-Oriental, l’eau conditionnée en sachet s’est imposée comme un produit de grande consommation. Son prix bas et sa disponibilité immédiate en font une solution prisée par de nombreux ménages, notamment pendant les fortes chaleurs. Mais derrière cette apparente commodité se cache un risque sanitaire que des professionnels de santé appellent à ne pas sous-estimer.
Un circuit de production peu contrôlé
L’eau en sachet vendue dans les rues de Mbuji-Mayi provient généralement des robinets de la REGIDESO, la société publique de distribution d’eau. Elle est ensuite stockée dans des fûts, parfois sans couvercle, avant d’être conditionnée. En période de pénurie, certains grossistes se tournent vers des revendeurs qui transportent l’eau dans des bidons appelés localement « Demayi ». Ces pratiques, observées sur les marchés et le long des artères de la ville, ne garantissent pas une protection suffisante contre les contaminations.
Des maladies hydriques évitables
Le docteur Charly Mukendi, médecin à Mbuji-Mayi, explique que l’eau en sachet produite sans contrôle sanitaire rigoureux peut contenir des bactéries responsables de diarrhées, de fièvre typhoïde ou de choléra. Il souligne que l’origine de l’eau n’est pas toujours connue : « Quand nous manquons de l’eau, ils peuvent utiliser l’eau de puits. Du fait qu’on ne sait pas l’origine de cette eau. C’est une eau qui expose la population aux maladies des mains sales. » Ces maladies hydriques, souvent liées à un manque d’hygiène, peuvent avoir des conséquences graves, en particulier chez les enfants et les personnes vulnérables.
Une activité économique qui répond à un besoin réel
Pour de nombreux vendeurs, la commercialisation de l’eau en sachet est une source de revenus indispensable. Un commerçant du marché Simis résume la situation : « Nous vendons l’eau parce que les gens en ont besoin. Nous, on achète et on revend. C’est notre travail. Si on ne vend pas, on ne mange pas. » Cette réalité économique explique la persistance de ce commerce malgré les alertes sanitaires. La demande reste forte, portée par la chaleur et le faible coût du produit, largement consommé dans les espaces publics.
Des gestes simples pour limiter les risques
Face à ces constats, les professionnels de santé recommandent aux consommateurs de privilégier une eau dont l’origine et le conditionnement sont fiables. À défaut, faire bouillir l’eau avant consommation ou utiliser des pastilles de purification peut réduire le risque de contamination. Les autorités sanitaires sont également appelées à renforcer le contrôle de la production et de la vente d’eau en sachet à Mbuji-Mayi, afin de protéger la population contre les maladies hydriques.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
