La province du Sud-Kivu fait face à une crise humanitaire silencieuse. Plus de dix mille personnes, issues de plus de 1 900 ménages, vivent sans assistance après que leurs maisons ont été réduites en cendres. L’alerte a été lancée jeudi 20 août 2026 par le Parlement citoyen pour la démocratie et la bonne gouvernance, une organisation de la société civile qui documente la situation depuis plusieurs mois.
Ce chiffre, communiqué dans un rapport de situation partagé avec les autorités, révèle l’ampleur d’un phénomène qui frappe particulièrement la ville de Bukavu. Selon l’ONG, au moins 1 500 maisons y ont pris feu depuis février 2025. Une dynamique qui interroge la capacité des pouvoirs publics à protéger les populations et à répondre aux urgences sociales.
Bukavu, épicentre d’une précarité grandissante
La ville de Bukavu concentre l’essentiel des sinistres. Les incendies y sont devenus un facteur majeur de déplacement et d’appauvrissement. Romuald Lwamba, responsable de l’enquête menée par le Parlement citoyen, décrit une population qui sombre dans la précarité. Certains ménages, faute de prise en charge, ont même regagné leurs villages d’origine, abandonnant la ville où ils avaient construit leur vie.
Cette situation met en lumière une double vulnérabilité : celle des victimes directes, privées de logement et de biens, et celle d’une ville qui voit partir une partie de sa force vive. L’absence de réponse institutionnelle adaptée transforme un drame ponctuel en crise structurelle.
Un appel à la responsabilité publique
Face à cette urgence, le Parlement citoyen interpelle directement le Gouvernement congolais. Romuald Lwamba appelle les autorités à « tirer sa conscience sur le fait que sa population à Bukavu est en train de mourir de cette misère, de cette catastrophe ». Une formulation qui souligne la gravité de la situation et le sentiment d’abandon ressenti par les sinistrés.
L’organisation suggère que l’aide soit acheminée dans les zones touchées avec la même détermination que celle déployée pour les examens certificatifs nationaux. Cette comparaison vise à montrer que des mécanismes logistiques existent et pourraient être mobilisés pour répondre à l’urgence humanitaire.
Prévenir plutôt que subir
Au-delà de l’assistance immédiate, le Parlement citoyen insiste sur la prévention. Des actions de sensibilisation sont en cours, en collaboration avec d’autres acteurs sociaux et des radios communautaires de Bukavu. L’objectif est d’informer la population sur les mécanismes de prévention des incendies.
Romuald Lwamba recommande notamment de changer les câbles électriques des habitations et de recourir à des techniciens qualifiés pour toute installation ou réinstallation. Des conseils pratiques qui, s’ils étaient suivis à grande échelle, pourraient réduire significativement le nombre de sinistres.
La crise des incendies au Sud-Kivu révèle ainsi un déficit de protection sociale et de planification urbaine. Elle pose la question de la capacité de l’État à anticiper les risques et à soutenir les populations vulnérables. En attendant une réponse structurelle, des milliers de familles continuent de vivre dans l’incertitude, exposées aux aléas climatiques et à la précarité.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
