Les rues de Kasongolunda, dans la province du Kwango, ont été le théâtre d’une mobilisation citoyenne lundi. Des habitants sont sortis en nombre pour exprimer leur ras-le-bol face à des conditions de vie qu’ils jugent insoutenables. Au cœur de leurs revendications : l’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux soins de santé, la réhabilitation des routes et le paiement des salaires des agents de l’État. Cette manifestation met en lumière une situation sanitaire et sociale préoccupante, alors que la zone est confrontée à une épidémie de choléra.
Une crise de l’eau qui nourrit le choléra
Les manifestants ont dénoncé la consommation des eaux des ruisseaux, une pratique courante faute d’infrastructures d’eau potable. Cette situation est directement liée à la propagation du choléra, une maladie hydrique qui se transmet par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Début août, 256 cas avaient été enregistrés dans la zone, dont 25 décès. Ces chiffres illustrent l’urgence d’agir sur l’accès à l’eau, un déterminant majeur de la santé publique. Sans eau potable, les habitants restent exposés à des risques sanitaires élevés, et les efforts de prévention contre le choléra sont compromis.
Des infrastructures inachevées qui pèsent sur le quotidien
Au-delà de l’eau, les manifestants ont exigé l’achèvement des travaux d’électrification menés par l’ANSER. L’absence d’électricité fiable affecte les ménages, les structures de santé et les activités économiques. De même, la réhabilitation des axes Popokabaka-Kasongolunda et Kenge-Panzi, dont les travaux lancés en 2023 restent inachevés, complique les déplacements et l’acheminement des biens et des personnes. Les ponts Kimona et Nganga, jugés dans un état préoccupant, ajoutent aux difficultés logistiques. Ces infrastructures défaillantes entravent l’accès aux services essentiels et renforcent l’isolement de la région.
Des salaires impayés qui fragilisent les services publics
Les agents et fonctionnaires de l’État ont également fait entendre leur voix, déplorant plus de six mois d’arriérés de salaires. Cette situation a des répercussions directes sur la qualité des services publics, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Des agents non payés peuvent être moins disponibles ou moins motivés, ce qui affecte la prise en charge des patients et des élèves. Le paiement régulier des salaires est un levier essentiel pour maintenir un service public fonctionnel et répondre aux besoins de la population.
Un mémorandum pour formaliser les demandes
La manifestation s’est clôturée par la remise d’un mémorandum à l’administrateur du territoire. Ce document synthétise les revendications des habitants et constitue une base pour le dialogue avec les autorités. Il reste à voir quelles suites seront données à ces demandes, mais la mobilisation témoigne d’une attente forte de la population pour des améliorations concrètes et rapides. La situation à Kasongolunda illustre les défis auxquels font face de nombreuses localités en RDC, où l’accès aux services de base demeure un enjeu central pour la santé et le bien-être des communautés.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
