La filière cacao dans la province de la Tshopo fait face à un obstacle de taille : une pression fiscale jugée excessive par les producteurs. Selon Dominique Kasimba, coordonnateur de la Coopérative des cultivateurs du cacao de la Tshopo, les taxes cumulées peuvent atteindre jusqu’à 65 dollars américains par tonne. Cette charge, dénoncée lundi 17 août, pèse sur la compétitivité d’une activité agricole pourtant en pleine expansion.
Une accumulation de taxes qui freine les producteurs
Le mécanisme est simple : à chaque étape, des prélèvements s’ajoutent. La taxe provinciale est actuellement fixée à 22,5 dollars par tonne. Mais ce n’est pas tout. Les territoires ont, par le passé, imposé leurs propres taxes d’évacuation, atteignant jusqu’à 45 dollars pour la même quantité. « La pression fiscale ne donne pas un très bon climat des affaires. Les territoires ont créé leurs propres taxes d’évacuation », a déclaré Dominique Kasimba. Cette superposition de charges réduit les marges des cultivateurs et complique la planification de leurs activités. Pour un producteur, chaque dollar prélevé représente un manque à gagner direct, qui peut limiter sa capacité à réinvestir dans l’entretien des plantations ou l’achat de matériel.
Un écart défavorable face aux provinces voisines
La situation de la Tshopo contraste avec celle d’autres régions productrices. En Ituri, la taxe d’évacuation est estimée à 6 dollars la tonne, contre 5 dollars en Équateur, selon le représentant des producteurs. Cet écart est considérable : un producteur de la Tshopo paie plusieurs fois plus qu’un homologue de l’Ituri ou de l’Équateur pour évacuer sa récolte. Une telle différence peut décourager les investissements dans une filière qui prend progressivement de l’ampleur dans la province. Les cultivateurs pourraient être tentés de vendre leur production à des prix plus bas localement, ou de réduire leurs surfaces cultivées, faute de rentabilité suffisante.
Une proposition concrète pour relancer l’attractivité
Face à ce constat, la coopérative avance une solution : ramener la taxe d’évacuation à 10 dollars par tonne. Ce niveau, bien que supérieur à ceux pratiqués en Ituri et en Équateur, serait plus supportable pour les producteurs. L’objectif est de rendre le secteur plus attractif et de soutenir l’essor de cette filière agricole, présentée comme un potentiel levier de développement économique pour la Tshopo. Les producteurs demandent ainsi aux autorités de revoir la fiscalité appliquée au cacao et de mettre en place des mesures susceptibles de soutenir cette dynamique. Une baisse de la fiscalité pourrait inciter davantage de ménages à se lancer dans la cacaoculture, créant ainsi des revenus supplémentaires et renforçant l’économie locale.
La pression fiscale actuelle risque de freiner une activité qui pourrait pourtant contribuer à la création de revenus et à la diversification économique locale. Une révision des taxes, si elle est adoptée, pourrait améliorer le climat des affaires et encourager les cultivateurs à investir davantage dans leurs plantations. À terme, cela pourrait se traduire par une augmentation de la production et une meilleure intégration de la Tshopo dans les circuits commerciaux régionaux.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
