La question de la participation de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa au dialogue national inclusif s’est imposée, ce mardi 18 août, dans le débat public à Kinshasa. Martin Fayulu, leader de la plateforme d’opposition Lamuka, a estimé que ces deux personnalités devaient être considérées comme des parties prenantes au processus, malgré les accusations portées contre elles par les autorités congolaises.
Lors d’un échange tenu le 12 août 2026 à Bruxelles, en Belgique, avec des membres de son parti, Martin Fayulu a plaidé pour une approche inclusive. Selon ses propos rapportés par plusieurs médias en ligne, la réussite d’un dialogue national passe par l’implication de toutes les parties prenantes, y compris Joseph Kabila et Corneille Nangaa, dans les discussions pour une sortie de crise effective.
Une exigence d’inclusivité portée par Martin Fayulu
Le leader de Lamuka a justifié sa position en rappelant le rôle joué par ces deux personnalités dans la vie politique du pays. « Ils sont parties prenantes du dialogue. Kabila a dirigé ce pays. Son statut ou son titre, mais il est là. Ils ont dit que c’est lui qui arme et finance l’AFC/M23, mais il doit venir nous dire pourquoi il le fait, quel est le problème », a-t-il déclaré, selon des propos repris par Actualite.cd.
Concernant Corneille Nangaa, Martin Fayulu a évoqué son passé à la tête de la Commission électorale nationale indépendante. « Nangaa était le président de la commission électorale nationale indépendante, c’est lui qui a proclamé Tshisekedi comme gagnant, alors que Tshisekedi n’avait pas gagné. Il est là, il a pris les armes contre le pays. Il tue ou il fait tuer ses frères et sœurs, ses semblables qui ont le sang humain comme lui… il faut qu’il vienne dire pourquoi il a fait ça. Comme on dit les linges sales se lavent en famille », a ajouté le leader de la C64.
Un dialogue axé sur la vérité et la réconciliation
Martin Fayulu a également proposé que le futur dialogue national inclusif soit axé sur la vérité, la justice, la réconciliation et sur la cohésion nationale. Cette orientation vise, selon lui, à traiter les causes profondes de la crise sécuritaire que traverse le pays, notamment l’agression attribuée à la rébellion de l’AFC-M23.
La position de l’opposant intervient alors que le chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi a annoncé, depuis Libreville, les contours d’un dialogue national qu’il présente comme « différent de tous les précédents ». Selon le quotidien Infos 27, la méthodologie de ce processus suscite des interrogations, notamment sur la nécessité d’éviter le piège du partage de pouvoir ou de la prime à la violence, tout en maintenant les institutions légales au centre du processus.
Un cadre stratégique face aux défis sécuritaires
Le journal Le Phare explique que le Président de la République entend couper court aux spéculations : ces assises à venir ne constitueront pas une foire au « partage du gâteau » ou au positionnement politique, mais s’inscriront dans un cadre stratégique visant à renforcer la cohésion nationale face aux défis sécuritaires et à l’agression extérieure.
La question de la participation de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa reste donc posée. Si Martin Fayulu plaide pour leur inclusion, les autorités congolaises n’ont pas encore officiellement précisé la liste des participants au dialogue national inclusif. Les prochaines étapes devraient clarifier le format et la composition de ces assises, dont l’objectif affiché est de parvenir à une sortie de crise durable.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
