La Société civile du Congo (SOCICO), coordination urbaine de Butembo, tire la sonnette d’alarme sur l’état d’avancement des travaux de bitumage de plusieurs artères de la ville. Dans un communiqué publié ce samedi 15 août 2026, la structure citoyenne dénonce une lenteur qu’elle qualifie d’exagérée, dix mois après le lancement officiel des chantiers, le 4 octobre 2025. Une situation qui soulève des interrogations sur la capacité des autorités à garantir des infrastructures routières dignes d’une ville en pleine expansion commerciale.
Le constat dressé par la SOCICO est sans appel. « Dix mois après le lancement des travaux de bitumage de plusieurs rues, notre constat est négatif. Après notre descente, nous avons constaté une lenteur exagérée dans l’évolution de ces travaux sur différents chantiers. Sur certaines rues, les travaux sont suspendus », déplore Célestin Tasihalia, coordinateur de la SOCICO/Butembo. Ces propos, rapportés dans le communiqué, traduisent une frustration grandissante face à des chantiers qui semblent s’enliser, sans explication claire sur les causes des arrêts constatés.
Un impact direct sur la circulation et la vie quotidienne
Au-delà du retard technique, c’est le quotidien des habitants de Butembo qui est affecté. La SOCICO souligne que cette situation perturbe négativement la circulation, particulièrement au centre-ville, où les axes en travaux sont censés fluidifier le trafic et moderniser le paysage urbain. Pour une ville dont l’économie repose en grande partie sur les échanges commerciaux, la dégradation des voies de communication peut freiner les activités et accentuer les difficultés des usagers. La lenteur des travaux n’est donc pas qu’un problème d’infrastructure : elle touche à la mobilité des personnes et des biens, avec des répercussions potentielles sur l’activité économique locale.
Un appel à la responsabilité des autorités provinciales
Face à ce blocage, Célestin Tasihalia en appelle au gouvernement provincial du Nord-Kivu. Il l’invite à intervenir pour permettre une reprise et une accélération des travaux, afin que les engagements pris envers la population soient honorés. Mais son appel va plus loin : il exhorte les autorités à tenir compte des capacités techniques et financières des entreprises avant la signature de tout contrat. Une recommandation qui met en lumière un enjeu structurel : la sélection des prestataires et le suivi des marchés publics. Si les entreprises retenues ne disposent pas des moyens nécessaires, les retards deviennent inévitables, et ce sont les citoyens qui en paient le prix.
Quelle suite pour la modernisation de Butembo ?
La question qui se pose désormais est celle de la capacité des institutions à transformer cet appel en actions concrètes. La SOCICO, en tant qu’organe de veille citoyenne, joue ici un rôle de contre-pouvoir, rappelant que les projets d’infrastructure ne doivent pas rester des promesses sur le papier. Le bitumage des rues de Butembo était présenté comme un levier de modernisation ; son enlisement actuel risque de nourrir la défiance des habitants envers les pouvoirs publics. Reste à savoir si le gouvernement provincial répondra à cet appel et quelles mesures seront prises pour relancer des chantiers dont l’achèvement conditionne, en partie, l’avenir de la ville.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
