La rentrée scolaire 2026-2027 approche, mais au Maniema, des milliers d’enseignants attendent toujours leurs salaires des mois de juin et juillet. Le syndicat provincial de défense des droits des inspecteurs de l’éducation de Maniema 1 a dénoncé, samedi 15 août 2026, une situation qui perdure depuis la migration des paiements de la TMB vers la Rawbank. Plus de deux mille enseignants seraient concernés, malgré l’accomplissement des formalités exigées par la nouvelle banque.
Cette crise de paiement soulève une question simple : comment assurer une rentrée scolaire normale quand ceux qui doivent enseigner ne sont pas payés ? Le président du syndicat, Augustin Mwango Waupenda, a décrit un blocage administratif qui touche la grande majorité des enseignants de la province éducationnelle Maniema 1. Selon lui, moins de 20 % des enseignants de cette province ont effectivement reçu leur salaire via la Rawbank.
Une migration bancaire aux effets contrastés
Le passage de la TMB à la Rawbank devait fluidifier le paiement des salaires. Mais sur le terrain, le constat est tout autre. « Cela fait plus de deux mois depuis que les enseignants de la province éducationnelle Maniema 1 ceux qui sont payés à la TMB ont été migré de la TMB à la Rawbank. Au niveau de la Rawbank, il leur a été demandé d’ouvrir des comptes. Cela a été fait, toutes les formalités remplies ; mais jusqu’à ce jour, rien n’est fait pour que les salaires soient payés », a déploré Augustin Mwango Waupenda.
La banque, contactée par Radio Okapi, évoque une « minorité » d’enseignants non encore servis et invite les concernés à se rapprocher de ses services pour clarifier leur situation. Un décalage de perception qui ne rassure pas les enseignants, dont beaucoup dépendent entièrement de ce salaire pour préparer la rentrée.
La rentrée scolaire en ligne de mire
Le syndicat met en garde contre les conséquences d’un non-paiement prolongé. « Les enseignants sont les parents et la rentrée pointe à l’horizon. Donc, s’ils ne sont pas payés cela va entraîner des conséquences. S’ils boycottent la rentrée (scolaire 2026-2027), il y aura des perturbations. Et ça ne va pas bénéficier à l’action éducative dans la province éducationnelle Maniema 1 ou Maniema 2 », a averti Augustin Mwango Waupenda.
Cette menace de boycott, si elle se concrétisait, affecterait directement les élèves et leurs familles, déjà fragilisés par un contexte économique difficile. La rentrée scolaire, prévue le 1er septembre en RDC, pourrait ainsi être compromise dans une province où l’éducation reste un pilier essentiel du développement local.
Une responsabilité partagée
La situation met en lumière les défis de la bancarisation des salaires des fonctionnaires, en particulier dans les provinces éloignées des centres de décision. Si la Rawbank assure que la majorité des enseignants sont payés, le syndicat conteste ces chiffres et réclame des solutions rapides. Le dialogue entre les parties semble indispensable pour éviter une crise sociale à quelques jours de la rentrée.
Pour l’heure, les enseignants du Maniema restent dans l’attente, partagés entre l’espoir d’un dénouement rapide et la crainte de devoir entamer l’année scolaire sans revenus. La balle est dans le camp des institutions financières et des autorités éducatives, dont la réactivité sera déterminante pour la stabilité du système éducatif provincial.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
