Le retard de la République démocratique du Congo (RDC) dans le développement des infrastructures pétrolières du lac Albert suscite une vive inquiétude chez l’activiste environnemental Moïse Alyegera. S’exprimant samedi 14 août sur Radio Okapi, il a exhorté les autorités congolaises à agir rapidement pour tirer profit des hydrocarbures de ce bassin partagé avec l’Ouganda. Cette prise de position intervient alors que le pays voisin et ses partenaires avancent sur plusieurs projets d’exploitation, notamment Tilenga et Kingfisher.
Le projet Tilenga, porté par TotalEnergies, prévoit le développement de six champs pétroliers et le forage d’environ 400 puits à partir de 29 emplacements. La production sera acheminée par des conduites enterrées jusqu’à une usine de traitement à Kasenyi, où le pétrole, l’eau et le gaz seront séparés et traités. Le projet inclut également la construction de plus de 1 400 kilomètres d’oléoduc jusqu’en Tanzanie. Face à cette avancée, Moïse Alyegera invite la RDC à activer simultanément quatre leviers stratégiques complémentaires pour défendre ses intérêts.
Un levier juridique pour empêcher le drainage unilatéral
Le premier levier recommandé par l’activiste est d’ordre juridique. Selon lui, la RDC doit s’appuyer sur le droit international pour imposer un moratoire ou conclure un accord d’unification sur les gisements pétroliers transfrontaliers du lac Albert. L’objectif est d’empêcher le drainage unilatéral des ressources congolaises par les pays voisins, en particulier l’Ouganda. Cette approche vise à garantir que l’exploitation des hydrocarbures profite équitablement aux deux États riverains.
Utiliser le marché de l’Est comme levier commercial
Sur le plan commercial, Moïse Alyegera estime que la RDC devrait exploiter la taille du marché de l’Est du pays pour ériger des barrières tarifaires et réglementaires ciblées. Cette stratégie rendrait la rentabilité financière des projets pétroliers voisins plus complexe, faute d’accès au débouché national congolais. L’activiste considère que ce levier pourrait renforcer la position de négociation de la RDC face aux opérateurs étrangers.
Conditionner les infrastructures et jouer la carte énergétique
Le troisième levier concerne les infrastructures. Moïse Alyegera appelle la RDC à conditionner tout droit de passage des pipelines régionaux sur son territoire à des contreparties industrielles significatives, telles que des participations au capital ou l’obligation de raffiner localement une partie du brut. Enfin, il estime que le pays doit jouer pleinement la carte énergétique globale pour mieux défendre ses intérêts dans l’exploitation des ressources du lac Albert. La combinaison de ces leviers, selon lui, permettrait à la RDC de renforcer sa position face aux projets pétroliers menés dans la partie ougandaise du bassin.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
