Le mercredi 5 août 2026, Nicolas Lianza Likwale, Directeur de cabinet du Ministre de la Communication et Médias, a conduit une ronde de contrôle dans plusieurs médias audiovisuels de la Gombe, à Kinshasa. L’objectif affiché : accélérer l’assainissement du secteur et la migration vers la Télévision Numérique Terrestre (TNT). Cette démarche soulève une question centrale : comment concilier l’exigence de professionnalisation avec la réalité d’un paysage médiatique encore largement informel ?
Accompagné de Georges Malutama, Coordonnateur national du Comité de migration vers la TNT, et de Tina Likula, Directrice-cheffe de service au Secrétariat général, le Directeur de cabinet a visité plusieurs chaînes et radios de la capitale. À l’issue de l’évaluation, les responsables des médias visités ont reçu deux documents : une fiche de conformité administrative et fiscale, et un certificat d’avis technique favorable attestant du respect de la norme DVB-T2, exigée pour la TNT en République démocratique du Congo.
Une opération de contrôle aux enjeux multiples
« L’objectif de cette visite, c’est d’identifier et de contrôler les opérateurs du secteur audiovisuel afin d’évaluer la qualité des services, la conformité technique, administrative et fiscale », a expliqué Nicolas Lianza Likwale. Pour le ministère, il ne s’agit plus de tolérer l’informel. La mission s’inscrit dans la continuité des directives données lors de la 53e réunion du Conseil des ministres du 25 juillet 2025. Elle comprend notamment le contrôle des fréquences, la régularisation des éditeurs de programmes et le respect des obligations légales liées à la TNT.
Cette offensive réglementaire intervient dans un contexte où la migration vers la TNT est devenue un impératif technique et juridique. En exigeant la norme DVB-T2, l’État entend moderniser la diffusion et garantir une meilleure qualité de service aux téléspectateurs. Mais cette transition ne se fera pas sans heurts pour les opérateurs qui n’ont pas encore régularisé leur situation.
Professionnalisation ou exclusion ?
Le message du ministère est clair. « Nous voulons que ce beau métier des médias reste aux professionnels et à ceux qui investissent sérieusement dans ce secteur », a martelé Nicolas Lianza Likwale. Et pour faire bouger les lignes, le ministère annonce une double pression : « Il y aura des sanctions positives pour les médias conformes et des sanctions négatives pour ceux qui ne le sont pas ».
Cette approche binaire soulève des interrogations. Si l’assainissement du secteur est nécessaire pour protéger le public et garantir une information de qualité, la menace de sanctions négatives pourrait fragiliser des médias déjà précaires. Le ministère salue toutefois les éditeurs qui ont profité de la période de moratoire pour régulariser leur situation. « Les portes du Secrétariat général et de la Coordination de la TNT restent ouvertes à tous les acteurs du secteur audiovisuel désireux de se mettre en règle », rassure le Directeur de cabinet.
Vers une clarification du paysage audiovisuel
Dans les prochains jours, un récépissé officiel signé par le ministre Patrick Muyaya Katembwe sera délivré aux éditeurs reconnus viables et conformes. En revanche, les opérateurs qui ne se présenteront pas pour se mettre en règle sur les plans administratif, fiscal et technique s’exposent à des mesures de déconnexion, conformément à la loi. La prochaine étape de cette opération visera les éditeurs de programmes hébergés chez les diffuseurs privés.
Cette campagne de mise en conformité pourrait redessiner le paysage médiatique congolais. Pour les citoyens, l’enjeu est de taille : disposer de médias fiables, techniquement aux normes et fiscalement responsables. Reste à savoir si cette volonté de régulation se traduira par une amélioration tangible de l’offre audiovisuelle ou par une réduction du pluralisme.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Eventsrdc
