La société civile de Bunia a exprimé jeudi 13 août son inquiétude face à l’insuffisance des dispositifs de contrôle sanitaire et de prévention contre Ebola sur les routes nationales 4 et 27, qui relient Mahagi à Komanda en Ituri, puis Komanda à Kisangani dans la Tshopo. Cette alerte intervient alors que les mouvements de populations et les échanges commerciaux restent intenses dans la région, augmentant les risques de propagation de la maladie.
Selon les informations rapportées, des centaines de véhicules de transport en commun, camions de marchandises et voitures empruntent quotidiennement ces corridors routiers. Sur l’axe Bunia-Kisangani, long d’environ 800 kilomètres, seuls quatre points de contrôle sont actuellement signalés : Lengabo, Mambasa, Epulu et les environs de Niania. Sur la RN27, entre Bunia et Mahagi, un seul point de contrôle est rapporté, à la sortie de Bunia, au niveau de Nzere.
Des lacunes dans la surveillance sanitaire
Dans plusieurs agglomérations traversées par ces axes, aucun dispositif de prévention, notamment pour le lavage des mains ou la prise de température, n’est installé. Des transporteurs et usagers affirment que certains voyageurs embarquent depuis des zones considérées comme des foyers épidémiques, notamment Niania, sans contrôle sanitaire préalable. Des conducteurs disent également avoir transporté des passagers présentant des symptômes attribués à Ebola et rapportent des décès survenus pendant certains trajets.
Ces témoignages interviennent dans un contexte de forte mobilité des populations, notamment pour des raisons économiques, entre l’Ituri et la Tshopo. La société civile de Bunia appelle la coordination provinciale de la riposte contre Ebola à déployer rapidement des équipes sanitaires et des moyens de prévention le long de ces deux axes. Elle estime que le renforcement des contrôles permettrait de mieux surveiller les mouvements de populations et de limiter les risques de propagation de la maladie.
Un appel à renforcer la prévention sanitaire
Contactée au sujet de ces insuffisances dans le dispositif de surveillance, la coordination provinciale de la riposte contre Ebola n’a pas encore réagi. Cette absence de réponse laisse les acteurs locaux dans l’attente de mesures concrètes pour sécuriser ces axes routiers stratégiques. La société civile insiste sur la nécessité d’installer des points de contrôle supplémentaires et de fournir des équipements de prévention de base, comme des dispositifs de lavage des mains et des thermomètres, dans les zones à fort passage.
Les risques liés à la circulation des personnes et des marchandises sur ces routes sont d’autant plus préoccupants que la maladie à virus Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée. Une surveillance renforcée aux points d’entrée et de sortie des zones touchées est essentielle pour détecter rapidement les cas suspects et éviter une propagation plus large.
Une vigilance nécessaire pour protéger les populations
Les organisations de la société civile de Bunia demandent également une meilleure coordination entre les autorités sanitaires des provinces de l’Ituri et de la Tshopo. Elles soulignent que les échanges commerciaux et les déplacements fréquents entre ces deux régions exigent une approche commune de la prévention. Sans un dispositif de contrôle efficace, les voyageurs et les communautés riveraines restent exposés à un risque sanitaire élevé.
En attendant une réaction officielle, la société civile encourage les populations à respecter les gestes barrières, comme le lavage régulier des mains et la limitation des contacts avec des personnes présentant des symptômes. Elle rappelle que la vigilance de chacun est un maillon essentiel de la chaîne de prévention, en complément des mesures institutionnelles.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
