La nuit du jeudi 13 août a laissé un paysage de cendres sur l’avenue Industrielle à Bukavu. Le centre de la Confédération du monde de l’artisanat (CMA), qui abritait 64 ateliers, a été ravagé par un incendie. Près de 300 artisans, dont de nombreuses femmes, jeunes filles et enfants en situation de rue, se retrouvent sans espace de travail. Les pertes sont estimées à plus de 700 000 dollars américains, selon les responsables de la structure.
Ce sinistre ne se résume pas à un décompte matériel. Il frappe un maillon essentiel de l’insertion socio-professionnelle dans la région. Depuis 1989, la CMA de Bukavu forme des personnes vulnérables à des métiers comme la menuiserie, la mécanique, le garnissage ou l’électricité. La destruction de ces ateliers compromet directement la subsistance de centaines de familles.
Un quatrième incendie depuis 2018
Le responsable de la CMA Bukavu, Bwami Dieudonné, affirme que le feu est parti d’une habitation voisine avant de se propager aux installations du centre. Il s’agit du quatrième incendie à frapper ce lieu depuis 2018. Cette répétition interroge sur la vulnérabilité du site et l’absence de mesures de prévention efficaces.
Pour les bénéficiaires, l’impact est immédiat. Beaucoup dépendaient de ces activités pour leur survie quotidienne. « Nous avons tout perdu. Nos ateliers sont entièrement calcinés », a déclaré Bwami Dieudonné. Il a lancé un appel aux autorités provinciales et nationales pour obtenir un appui financier et matériel.
Un appel à l’aide pour les plus vulnérables
La CMA encadre des enfants en situation de rue, des filles, des femmes et d’autres catégories de personnes vulnérables. La perte des ateliers risque d’aggraver leur précarité. « Beaucoup de familles risquent de se retrouver dans une situation très critique et les moyens de subsistance deviendront difficiles », a plaidé le responsable.
Au-delà de l’urgence humanitaire, cet incendie soulève la question de la responsabilité publique. Comment protéger durablement un centre qui joue un rôle social aussi important ? La reconstruction ne pourra pas se limiter à rebâtir des murs. Il faudra aussi sécuriser le site et garantir la continuité des formations.
Un avenir incertain pour l’artisanat local
La Confédération du monde de l’artisanat de Bukavu a pour mission de soutenir, regrouper et défendre les intérêts des artisans de la ville et de ses environs. Sa disparition, même temporaire, laisse un vide dans le tissu économique local. Les artisans formés ici contribuent à l’économie informelle et à la cohésion sociale.
Les prochaines semaines seront décisives. Sans aide rapide, des centaines de personnes pourraient basculer dans une précarité encore plus profonde. La réponse des autorités dira si la protection des plus vulnérables est une priorité réelle ou un simple discours.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
