La riposte contre Ebola dans la province de l’Ituri, principal foyer de l’épidémie en République démocratique du Congo, est confrontée à un arrêt de travail des prestataires de santé dans deux centres de traitement. Depuis mercredi 12 août, le personnel affecté par le gouvernement à Kasenyi, sur les rives du lac Albert, et à Nizi, dans le territoire de Djugu, a suspendu ses activités pour réclamer le paiement de plusieurs mois d’arriérés de primes. Cette situation intervient alors que les équipes de riposte tentent de rapprocher les soins des populations et de renforcer la prise en charge des malades dans cette province où, selon le ministre de la Santé, 80% des cas sont enregistrés.
Des centres de traitement au ralenti
À Kasenyi, à une cinquantaine de kilomètres de Bunia, le Centre de traitement d’Ebola, inauguré il y a quelques jours avec l’appui du gouvernement ougandais, fonctionne au ralenti. Les prestataires congolais affectés à ce centre ont cessé de se présenter à leur poste. « Ça fait 48 heures que le personnel affecté par le gouvernement ne se présente pas au centre de traitement de Kasenyi. C’est une désolation et une déception », déplore Wilson Nduru, notable de Kasenyi. La même situation est observée à Nizi, à une trentaine de kilomètres de Bunia, où plusieurs cas d’Ebola ont été enregistrés. Depuis jeudi matin, une partie du personnel du Centre de traitement d’Ebola a suspendu ses activités pour réclamer, elle aussi, le paiement de ses arriérés de primes.
Une prise en charge fragilisée
Cette grève du personnel soignant fait craindre une perturbation de la prise en charge des patients dans une zone où les besoins sanitaires restent importants. Les acteurs de la société civile s’inquiètent d’un ralentissement de la prise en charge des malades et d’une aggravation de la situation sanitaire dans la province. Le coordonnateur de la société civile de l’Ituri, Dieudonné Lossa, appelle le Gouvernement à assumer ses responsabilités. « La riposte, telle qu’elle est organisée, ne rassure toujours pas. Il y a aussi grève aujourd’hui à Nizi. Je rejette la responsabilité à l’État », affirme-t-il.
Des revendications en attente de réponse
Les prestataires concernés demandent aux autorités de respecter leurs engagements et de régulariser leurs arriérés afin de permettre la reprise des activités. La coordination provinciale de la riposte contre Ebola n’a pas encore réagi à ces revendications. En attendant, la continuité des soins dans ces deux centres de traitement reste incertaine, alors que l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
