Du 24 au 26 août 2026, le Musée national de la République Démocratique du Congo à Kinshasa accueillera l’exposition « Architecture du corps » de la créatrice rd-congolaise Lydie Okosa. Pensé comme un dialogue entre mémoire culturelle et création contemporaine, cet événement met en lumière une approche de la mode qui associe patrimoine, savoir-faire technique et responsabilité environnementale.
Une collection inspirée des femmes Mangbetu et des tissages Shoowa
Au cœur du projet figure la collection « Boîte crânienne », fruit de trois années d’études en stylisme de mode et textile à Lisaa Mode Paris. Lydie Okosa y revisite l’esthétique des femmes Mangbetu, connues pour les transformations crâniennes qui ont marqué l’histoire culturelle du nord-est de la Rd-Congo, ainsi que les tissages géométriques Shoowa du Kasaï. La créatrice explique que cette exposition est une conversation entre la mémoire congolaise et le savoir-faire contemporain, et qu’elle souhaitait montrer que le vêtement peut devenir un espace de transmission culturelle et de réflexion esthétique.
Une démarche écoresponsable au service du patrimoine
Lydie Okosa privilégie des matières naturelles et des dead stocks textiles transformés grâce à des techniques modernes de coupe, de confection et d’ennoblissement. Elle affirme célébrer l’audace des femmes Mangbetu et la sophistication graphique des motifs Shoowa, tout en défendant une mode respectueuse de l’héritage culturel et de la planète. Cette approche s’inscrit dans une démarche conceptuelle écoresponsable, centrée sur la valorisation du patrimoine africain et le respect de l’environnement.
Des silhouettes architecturales entre tradition et modernité
Caractérisée par des détails linéaires en saillie, une asymétrie assumée et des formes aux allures architecturales, la collection explore les notions d’élongation, de rigidité et de saillie. Les silhouettes associent tailoring évolutif, franges, color block et jupes crayons, dans une réinterprétation contemporaine des designs traditionnels rd-congolais. Ce travail formel traduit une volonté de faire dialoguer les codes vestimentaires hérités avec les exigences de la mode actuelle.
Un parcours entre enseignement et direction artistique
Passionnée de création vestimentaire depuis l’adolescence, Lydie Okosa découvre la mode dans un lycée catholique où l’uniforme austère nourrit son désir de singularité. Une simple pochette blanche accrochée à sa jupe devient alors son premier geste de stylisme. Elle se forme ensuite en couture, en modélisme de mode, puis en animation culturelle et développement, un parcours qui renforce son intérêt pour les productions culturelles et artistiques. Forte de plus de dix années d’expérience dans l’enseignement supérieur, elle conjugue les fonctions d’enseignante et de directrice artistique de Lok Style. Aujourd’hui, elle travaille à la formalisation en France de sa marque de prêt-à-porter, avec l’ambition de porter une mode où création contemporaine, mémoire culturelle et responsabilité écologique avancent de concert.
Le vernissage est prévu le 24 août 2026 de 18h à 20h sur invitation, tandis que les 25 et 26 août, de 10h à 16h, le public pourra accéder librement à l’exposition. Ce rendez-vous à Kinshasa s’inscrit dans la dynamique d’un grand rendez-vous parisien prévu pour mars 2027, et témoigne de la vitalité d’une scène créative rd-congolaise soucieuse de conjuguer héritage et innovation.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Eventsrdc
