La reprise de la vie quotidienne s’amorce à Bikenge et à Makako, deux localités du territoire de Kasongo, dans la province du Maniema. Ces villages, situés à la limite avec le Sud-Kivu, ont été le théâtre de violents affrontements entre les factions des généraux autoproclamés Kiwis et Vandam. Face à cette escalade, le gouverneur Moïse Mussa Kabwankubi a dépêché sur place le ministre provincial de l’Intérieur, Me Lawamo Selemani Taylor, avec pour mission de rétablir l’autorité de l’État.
La mission a rapidement produit des résultats concrets. Le ministre a confirmé la levée immédiate des barrières illégales qui entravaient la circulation et asphyxiaient les populations locales. Cette décision rétablit les voies de communication entre les deux villages, un soulagement pour les habitants qui subissaient l’isolement et les tracasseries.
Le retrait du groupe armé Bandevu, un tournant décisif
L’avancée la plus notable reste le retrait du groupe armé « Bandevu », qui s’était invité dans le conflit en renfort aux éléments du général Kiwis. À l’issue de négociations directes menées avec les chefs des milices, le ministre Lawamo Selemani Taylor a obtenu leur démobilisation de la zone. Ce désengagement constitue une étape charnière pour la stabilisation durable de cette partie du territoire.
Ce retrait ne se limite pas à un simple mouvement de troupes. Il modifie l’équilibre des forces locales et réduit le risque de nouveaux affrontements. Pour les habitants de Bikenge et de Makako, c’est la perspective d’un retour à une vie normale, sans la peur des exactions ou des combats.
Une autorité provinciale qui cherche à reprendre la main
L’envoi du ministre provincial de l’Intérieur illustre la volonté du gouvernement provincial de reprendre le contrôle d’une zone où l’autorité de l’État était contestée. Le gouverneur Moïse Mussa Kabwankubi a fait le choix d’une approche directe, en privilégiant la négociation avec les groupes armés plutôt que la confrontation. Cette stratégie a permis d’obtenir des résultats rapides, mais elle soulève aussi des questions sur la durabilité de ces accords.
La démobilisation du groupe Bandevu est un acquis fragile. Les autorités provinciales le reconnaissent implicitement en affirmant rester mobilisées pour consolider ces acquis et prévenir toute résurgence de la violence. La vigilance reste donc de mise, car les causes profondes du conflit – rivalités entre factions, enjeux de pouvoir local, faiblesse de l’État – n’ont pas disparu.
Un répit pour les populations, mais des défis persistants
Pour les habitants de Bikenge et de Makako, la levée des barrières et le retrait des miliciens représentent un soulagement immédiat. Les échanges commerciaux et les déplacements peuvent reprendre, ce qui est essentiel dans une région où l’économie locale dépend largement de la circulation des personnes et des biens. Mais ce répit reste conditionné à la capacité des autorités à maintenir la pression sur les groupes armés et à offrir des alternatives aux combattants démobilisés.
La mission du ministre Lawamo Selemani Taylor a donc atteint son objectif premier : ramener un calme relatif dans une zone en proie à la violence. Reste à savoir si ce calme sera durable. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la solidité des engagements pris par les milices et la capacité de l’État à occuper le terrain laissé vacant.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
