La Nouvelle société civile congolaise (NSCC) de Luiza, dans le Kasaï-Central, a publiquement dénoncé mardi 11 août l’absence de plusieurs députés provinciaux et nationaux dans leur circonscription pendant les vacances parlementaires. Cette prise de parole met en lumière une tension récurrente entre les élus et leurs électeurs, autour de la redevabilité et de la présence sur le terrain.
Une redevabilité jugée insuffisante par la société civile
Pour les acteurs de la société civile de Luiza, les vacances parlementaires devraient être un moment privilégié pour que les élus retournent auprès de leurs électeurs, recueillent leurs préoccupations et rendent compte du travail accompli au Parlement. Or, selon la NSCC, cette attente est loin d’être satisfaite. « On ne sent pas que nous avons des élus, que ce soit au niveau provincial ou national. Ils ne descendent pas pour la redevabilité et prendre les doléances de la communauté. Nous nous sentons tellement délaissés », déplore la structure citoyenne.
Cette déclaration souligne un sentiment d’abandon qui, s’il n’est pas nouveau, prend une résonance particulière dans une région où l’accès aux institutions reste difficile. L’absence des élus priverait la population d’un cadre d’échanges direct avec ses représentants et limiterait la remontée de ses revendications auprès des instances provinciales et nationales.
Des élus contestent la généralisation
Contacté au sujet de ces critiques, le député provincial Stéphane Muanda, élu de Luiza, rejette l’idée d’une absence généralisée des élus. Il affirme avoir passé deux mois dans sa base lors des précédentes vacances parlementaires. Il cite également le président de l’Assemblée provinciale, qui y aurait passé un mois, ainsi que le député national Kabanda, présent pendant trois semaines. « S’il y a deux ou trois députés qui n’étaient pas partis, est-ce qu’il faut généraliser ? », s’interroge Stéphane Muanda.
Cette réponse met en évidence un décalage entre la perception de la société civile et celle des élus. Si certains reconnaissent des absences ponctuelles, ils contestent une vision uniforme de la situation. L’élu assure par ailleurs que les députés provinciaux de Luiza se préparent à regagner leur base électorale durant les vacances parlementaires en cours.
Un enjeu de confiance entre citoyens et représentants
Au-delà du cas spécifique de Luiza, cette controverse illustre un défi plus large pour la démocratie représentative en République démocratique du Congo : comment garantir que les élus restent connectés aux réalités de leurs circonscriptions, même en dehors des sessions parlementaires ? La redevabilité ne se limite pas aux discours officiels ; elle se joue aussi dans la capacité à écouter et à répondre aux besoins concrets des populations.
La société civile de Luiza appelle ainsi les députés élus de la circonscription à regagner leur base et à profiter de cette période pour écouter les habitants et recueillir leurs difficultés. Cette demande, simple en apparence, touche au cœur du contrat social entre les électeurs et leurs représentants. Si les vacances parlementaires sont souvent perçues comme un temps de repos, elles pourraient aussi devenir un moment clé pour renforcer la légitimité des institutions par la proximité.
Reste à savoir si les engagements annoncés par les élus se traduiront par des actions visibles sur le terrain. La population de Luiza, comme ailleurs, attend des preuves tangibles de l’attention portée à ses préoccupations. La balle est désormais dans le camp des députés, dont la crédibilité dépendra en partie de leur capacité à transformer cette période de vacances en une opportunité de dialogue et de redevabilité.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
