La jeunesse de Bandundu-ville, dans la province du Kwilu, a fait entendre sa voix mercredi 12 août. Des centaines de jeunes ont manifesté pour réclamer le démarrage immédiat des travaux d’asphaltage du tronçon Mongata-Bandundu de la Route nationale 17 (RN17). Organisée à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, la marche s’est achevée au cabinet du gouverneur de province, où un mémorandum destiné à la Première ministre a été remis.
Cette mobilisation met en lumière un enjeu économique concret : l’état de la RN17 complique la circulation des personnes et des marchandises. Selon les organisateurs, l’impraticabilité de cet axe contribue à la hausse des prix des produits de première nécessité. Les difficultés de transport entravent également l’évacuation des produits agricoles vers Kinshasa, affectant ainsi les activités économiques des populations de la région.
Une route stratégique pour l’économie locale
La RN17 est un axe vital pour le Kwilu. Elle relie Bandundu-ville à la capitale, facilitant l’écoulement des productions agricoles et l’approvisionnement en biens essentiels. Lorsque la route est dégradée, les coûts de transport augmentent, les délais s’allongent et les pertes de produits périssables s’accumulent. Ces surcoûts se répercutent directement sur les prix payés par les ménages, dans un contexte où le pouvoir d’achat est déjà fragile.
Les manifestants ont insisté sur cette dimension pratique. Pour eux, l’asphaltage n’est pas une simple promesse politique : c’est une condition pour stabiliser les prix et soutenir l’activité agricole. Le président du Conseil urbain de la jeunesse de Bandundu-ville, Grégoire Mafiaba, a résumé la revendication principale : « Primo, le début immédiat et effectif des travaux d’asphaltage du tronçon Mongata-Bandundu-ville sur la route nationale numéro 17, conformément aux promesses présidentielles. »
Une réponse institutionnelle prudente
Face à cette pression citoyenne, le ministre provincial des Finances du Kwilu, Blanchard Malutama, représentait le gouverneur. Il a rappelé l’engagement du pouvoir central, sans donner de calendrier précis. « Le Chef de l’État a été clair lors de la 13ᵉ session de la conférence. Il a dit : l’asphaltage du tronçon Mongata-Bandundu. Faisons-lui confiance », a-t-il déclaré.
Cette réponse, qui renvoie à une promesse présidentielle, laisse les jeunes dans l’attente. Leur mobilisation, encadrée par la Police nationale congolaise du district de Bandundu-ville, s’est déroulée sans incident. Mais elle traduit une impatience grandissante face à des infrastructures qui freinent le développement économique local.
Quelles conséquences pour les ménages ?
Pour les habitants du Kwilu, l’enjeu est quotidien. Une route impraticable signifie des produits plus chers, des revenus agricoles réduits et un accès plus difficile aux marchés. Les jeunes, qui dépendent souvent de l’agriculture ou du petit commerce, sont directement touchés. Leur demande d’asphaltage rapide vise à réduire ces obstacles et à créer des conditions plus favorables à l’activité économique.
La manifestation de Bandundu-ville illustre ainsi un lien direct entre infrastructures et coût de la vie. Tant que la RN17 restera dégradée, les surcoûts logistiques continueront de peser sur les prix et sur les revenus des producteurs. La balle est désormais dans le camp des autorités, appelées à transformer les promesses en travaux concrets.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
