À Bandundu-ville, dans la province du Kwilu, près de 140 agents journaliers de la Société nationale d’électricité (SNEL) dénoncent une précarité professionnelle qui dure depuis parfois deux décennies. Ces travailleurs, qui assurent le fonctionnement quotidien de l’entreprise publique, réclament la régularisation de leur statut, une promesse non tenue de la direction générale. Leur situation illustre les défis de la gestion des ressources humaines dans les entreprises publiques congolaises, avec des conséquences directes sur la stabilité des ménages et l’efficacité du service public.
Un statut précaire qui fragilise les travailleurs et le service
Les agents journaliers de la SNEL à Bandundu-ville travaillent sans contrat permanent, malgré des années de service. Cette absence de cadre légal les prive de droits sociaux essentiels : pas de sécurité d’emploi, pas de couverture sociale, et des revenus irréguliers. Pour ces travailleurs, souvent seuls soutiens de famille, cette situation crée une insécurité économique permanente. Elle affecte aussi la qualité du service électrique, car un personnel non stabilisé peut manquer de motivation ou de formation continue, avec des risques pour la maintenance des installations.
Une promesse d’embauche restée lettre morte
La direction générale de la SNEL avait formulé une promesse de régularisation, mais celle-ci n’a jamais été concrétisée. Christian Mayele, représentant des journaliers, a exprimé leur ras-le-bol en sollicitant l’intervention des plus hautes autorités. Il a déclaré : « Nous, journaliers de la Société nationale d’électricité (SNEL SA), direction régionale de Bandundu, sollicitons l’implication personnelle du Président de la République, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Chef de l’État, ainsi que du directeur général de la SNEL, l’ingénieur Teddy Lwamba Muba, d’instruire le directeur des ressources humaines, M. Katina Kambale, à exécuter sa promesse de régularisation de notre situation administrative dans le meilleur délai. » Cette demande souligne le blocage au niveau de la direction des ressources humaines, pointé comme responsable du retard.
Un appel aux autorités nationales pour débloquer la situation
Face à l’absence de réaction de la direction régionale, contactée mais restée silencieuse, les agents se tournent vers le sommet de l’État. L’appel à Félix Tshisekedi et au directeur général Teddy Lwamba Muba vise à créer une pression institutionnelle pour forcer la régularisation. Cette démarche révèle un manque de confiance dans les circuits locaux de décision et met en lumière les dysfonctionnements de la chaîne administrative. Pour les journaliers, l’enjeu est simple : transformer des années de service en un emploi stable, avec des droits reconnus.
Quelles conséquences pour l’économie locale ?
La précarité de ces agents a des répercussions économiques concrètes. Sans revenus stables, leur pouvoir d’achat est limité, ce qui freine la consommation locale. De plus, une SNEL affaiblie par des problèmes de personnel risque de fournir un service électrique moins fiable, pénalisant les petites entreprises et les ménages. La régularisation de ces 140 travailleurs pourrait donc avoir un effet positif en chaîne : sécurisation des revenus, amélioration du service public, et renforcement de la confiance dans la gestion des entreprises d’État. En attendant, l’incertitude persiste, et les agents de Bandundu-ville continuent de travailler dans l’ombre, sans reconnaissance.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
