La gestion des dépouilles en période d’épidémie d’Ebola constitue un maillon sensible de la riposte sanitaire. À Beni, dans la province du Nord-Kivu, les autorités provinciales ont engagé une démarche concrète pour renforcer ce dispositif. Ce mardi 11 août, la coordonnatrice principale en charge de la santé, Prisca Luanda Kamala, a réuni au Gouvernorat de province les gestionnaires des différentes morgues de la ville. L’objectif était double : établir une cartographie précise des infrastructures disponibles et évaluer leur capacité à conserver les corps dans des conditions qui limitent les risques de contamination.
Pourquoi la conservation des corps est un enjeu sanitaire majeur
Le virus Ebola reste présent dans les liquides corporels d’une personne décédée. Une dépouille mal conservée ou manipulée sans précautions peut donc devenir une source de transmission. Les échanges entre Prisca Luanda Kamala et les responsables des morgues ont porté sur la nécessité de garantir des enterrements dignes et sécurisés. Il s’agit de protéger à la fois les familles endeuillées et le personnel qui intervient dans les morgues ou lors des opérations funéraires. En pratique, cela suppose des équipements adaptés, des protocoles stricts et une coordination étroite entre les services de santé et les structures mortuaires.
Un contexte marqué par la résurgence du virus dans la région
Cette initiative intervient alors que le Nord-Kivu fait face à une nouvelle flambée de la maladie à virus Ebola. Récemment, un membre du personnel soignant est décédé à Butembo après avoir contracté la maladie. Ce drame rappelle la vulnérabilité des agents de santé et la nécessité de renforcer toutes les barrières de protection. La cartographie des morgues de Beni vise justement à identifier les points faibles du dispositif actuel pour mieux les corriger. Les autorités sanitaires veulent s’assurer que chaque structure dispose des moyens nécessaires pour conserver les corps sans risque, en attendant les inhumations.
L’appel à la vigilance collective
Au-delà des mesures techniques, Prisca Luanda Kamala a insisté sur le rôle de la population. Elle appelle les habitants à respecter strictement les mesures barrières et à suivre les consignes des équipes de riposte. La collaboration avec les services sanitaires est essentielle pour limiter la propagation de la maladie. Chaque geste compte : se laver les mains régulièrement, éviter les contacts physiques avec les personnes malades ou décédées, et signaler rapidement tout cas suspect. Les autorités estiment que la vigilance collective reste le meilleur rempart pour freiner la chaîne de transmission au Nord-Kivu.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
