À Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, l’absence de chambres froides dans les marchés expose les vendeurs de viande à des pertes financières régulières. Sans équipement de conservation, la marchandise invendue se détériore rapidement, obligeant les commerçants à brader leurs prix ou à jeter les produits avariés. Cette situation fragilise une activité qui fait vivre de nombreuses familles.
Un casse-tête quotidien pour les bouchers
Sur les étals du marché Kamayi, la viande de chèvre, de porc et de bœuf attire les clients, mais sa conservation reste un défi permanent. Aucune chambre froide n’est disponible, ce qui contraint les vendeurs à écouler leurs stocks dans la journée. Lorsque la demande est faible, la viande invendue commence à se dégrader, entraînant des pertes directes pour les commerçants.
Rosalie Muadi, vendeuse au marché Kamayi, décrit une réalité difficile : « Ce commerce m’aide à prendre en charge mes enfants. Mais nous n’avons pas de chambre froide. Parfois, lorsque la viande reste, elle pourrit et nous sommes obligées de la jeter. » Ce témoignage illustre la précarité d’un métier où l’absence d’infrastructure de base met en péril les revenus des ménages.
Des baisses de prix qui amputent les bénéfices
Pour limiter les dégâts, de nombreux vendeurs réduisent leurs tarifs en fin de journée. Cette stratégie permet d’éviter de tout perdre, mais elle comprime fortement les marges. « Lorsque la viande reste, nous baissons le prix pour éviter qu’elle ne pourrisse. Et nous enregistrons des pertes », explique Rosalie Muadi. La pratique, bien que courante, transforme une activité déjà précaire en un équilibre financier instable.
Les pertes ne se limitent pas à la valeur de la viande jetée. Elles englobent aussi le manque à gagner lié aux rabais consentis dans l’urgence. Pour des commerçants qui dépendent de ce revenu pour subvenir aux besoins de leur famille, chaque jour sans chambre froide représente un risque économique concret.
Un appel aux autorités pour équiper les marchés
Face à cette situation, les vendeurs de Kananga demandent aux autorités de doter les marchés de chambres froides. Ils estiment que de tels équipements réduiraient la détérioration de la viande, préserveraient la qualité des produits et amélioreraient leurs conditions de travail. L’investissement dans ces infrastructures apparaît comme une réponse directe à un problème qui mine la rentabilité du petit commerce alimentaire.
L’absence de solution de conservation ne touche pas seulement les vendeurs : elle affecte aussi la disponibilité de protéines animales de qualité pour les consommateurs et limite le développement d’une filière économique locale. Sans action publique, le cercle vicieux des pertes et des baisses de prix risque de perdurer, maintenant les commerçants dans une vulnérabilité chronique.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
