La dégradation avancée des routes secondaires à Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, pèse lourdement sur le quotidien des habitants et sur l’économie locale. Les usagers, en particulier les conducteurs de taxis-motos, subissent des secousses incessantes et des temps de trajet allongés, tandis que les tarifs de transport augmentent mécaniquement. Face à cette situation, les autorités provinciales annoncent l’arrivée prochaine d’engins de voirie, mais la patience des populations est mise à rude épreuve.
Un réseau secondaire impraticable, des déplacements pénalisés
Circuler sur les axes secondaires de Kindu relève du parcours du combattant, aussi bien en saison des pluies qu’en période sèche. Les témoignages recueillis décrivent des voies défoncées où les secousses se multiplient, rendant les trajets pénibles. Un usager explique que « à part quelques routes principales, il n’existe presque pas de bonnes routes secondaires ». Il cite notamment la route menant vers Kunda FM en passant par Kilimandjaro, ou encore les tronçons reliant Deux Palottes à l’Université, Tchomba à l’Université et le secteur de Modernité. Derrière l’aéroport, la situation empire lors des pluies, rendant la circulation « extrêmement difficile ».
Un surcoût direct pour les ménages
Le mauvais état des routes a une conséquence économique immédiate : la hausse des tarifs de transport. Les conducteurs de taxis-motos, principaux moyens de déplacement pour de nombreux habitants, répercutent les difficultés de circulation sur le prix des courses. Ce renchérissement pèse sur le budget des ménages, déjà contraints par un pouvoir d’achat limité. L’absence de voies praticables allonge aussi les temps de trajet, réduisant la productivité et l’accès aux services essentiels comme les marchés, les écoles ou les centres de santé.
La réponse des autorités : des engins annoncés, une patience exigée
Interrogé sur cette problématique, le ministre provincial des Infrastructures et Travaux publics, James Kimbayo, a appelé la population au calme. Il a annoncé l’arrivée prochaine d’engins destinés aux travaux de voirie dans la ville de Kindu. « Je demande à la population de faire preuve de patience », a-t-il déclaré, rappelant que la route Kisangani-Ubundu, autrefois impraticable, a été réhabilitée grâce au financement du gouverneur Moussa Kabwankubi. Le ministre a précisé qu’« à Kindu, aucune entreprise ne dispose actuellement des équipements nécessaires, et même les entreprises publiques n’en possèdent pas », justifiant ainsi le délai avant le début effectif des travaux.
Un enjeu économique et social pour la ville
La dégradation des routes secondaires freine la mobilité urbaine et renchérit le coût de la vie à Kindu. Si les annonces ministérielles laissent entrevoir une amélioration, l’absence d’équipements disponibles localement souligne la dépendance envers des solutions externes. Pour les usagers, la patience réclamée par les autorités devra rapidement se traduire par des actes concrets, sous peine d’aggraver les difficultés quotidiennes et de fragiliser davantage l’économie locale.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
