Une session de formation nationale des formateurs s’est ouverte lundi 10 août à Kinshasa, ciblant la criminalité transfrontalière et les procédures judiciaires associées. Organisée à l’Institut national de formation judiciaire, elle réunit des magistrats civils et militaires pour cinq jours de renforcement des capacités.
Un pool de formateurs pour essaimer l’expertise
L’initiative, portée par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) en partenariat avec l’Organisation internationale Initiative pour la Paix et les Droits Humains (iPeace), vise à constituer un vivier de magistrats formateurs. Ces derniers seront chargés de transmettre à leurs pairs des connaissances spécialisées sur des infractions complexes. Le lieutenant-colonel magistrat Théodore Makonga Ilunga Lytras, chargé de la formation, de la législation et du statut au CSM, a précisé que ces magistrats devront être capables de transmettre ces connaissances à leurs collègues en qualité de formateurs et de contribuer ainsi à l’amélioration de la pratique judiciaire, particulièrement dans le traitement des dossiers relatifs à la criminalité transfrontalière.
Blanchiment, trafic d’armes et terrorisme au programme
Les modules de formation couvrent un large spectre de la criminalité organisée : blanchiment des capitaux, trafic d’armes et de minerais, terrorisme, traite des êtres humains et financement des groupes armés. Ces thématiques sont directement liées aux défis sécuritaires et judiciaires de la région des Grands Lacs, où les trafics illicites de ressources naturelles alimentent l’instabilité. La session entend outiller les participants sur les mécanismes de ces infractions et les procédures judiciaires adaptées, afin de renforcer la réponse pénale face à des phénomènes qui dépassent les frontières nationales.
« Justice sans frontières » pour la stabilité régionale
Maître Albert Kokolomami, directeur de programme d’iPeace, a situé cette formation dans le cadre du projet « Uhaki Bila Mipaka », expression swahilie signifiant « Justice sans frontières ». Il a indiqué que ce projet est mis en œuvre depuis 2022 par le consortium International Alert, iPeace et Pole Institute, avec l’appui financier du Royaume des Pays-Bas. L’objectif affiché est d’améliorer l’accès à la justice pour favoriser la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs. En dotant les magistrats de compétences pointues, les organisateurs espèrent une meilleure prise en charge des contentieux transfrontaliers, souvent entravés par la complexité des faits et la multiplicité des acteurs.
À travers cette initiative, les acteurs judiciaires entendent renforcer la qualité des poursuites et du traitement des affaires liées à la criminalité transfrontalière. La présence conjointe de magistrats civils et militaires souligne la volonté d’une approche coordonnée face à des phénomènes qui ignorent les frontières et les distinctions juridictionnelles traditionnelles. Les organisateurs espèrent que cette formation contribuera à une meilleure coopération judiciaire régionale, essentielle pour démanteler les réseaux criminels transnationaux. La constitution d’un pool de formateurs devrait permettre un déploiement progressif de ces compétences au sein des juridictions, avec un impact attendu sur la célérité et l’efficacité des procédures.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
