À Kisangani, dans la province de la Tshopo, les agents de santé et intervenants de terrain mobilisés contre l’épidémie d’Ebola réclament le paiement de leurs salaires par le Gouvernement congolais. Depuis le début de la crise sanitaire, ces professionnels affirment ne bénéficier d’aucune prise en charge financière de la part de l’État, une situation qui compromet la continuité des activités de riposte.
Un abandon financier malgré les fonds alloués
Dans une déclaration publique, le personnel de première ligne dénonce un manque total de soutien des autorités. Ils expliquent être livrés à eux-mêmes dans l’exercice de leurs fonctions, alors qu’ils se trouvent en première ligne pour contenir la propagation du virus. Tout en reconnaissant recevoir un simple remboursement de leurs frais de transport de la part des ONG partenaires, ils s’interrogent sur la destination des financements publics débloqués pour la riposte. « À notre Gouvernement, nous avons le regret de constater que depuis la déclaration de l’apparition de l’épidémie d’Ebola à Kisangani, nos autorités ont abandonné les prestataires de première ligne à leur triste sort », ont-ils déclaré. Ils ajoutent : « Pas de soutien, même une simple visite. Le seul soutien du partenaire n’est que le remboursement de notre transport. Le personnel de première ligne ne bénéficie pas des fonds débloqués pour la riposte. Nous sommes indignés… »
Des conditions de travail précaires qui menacent la riposte
Cette absence de rémunération pèse lourdement sur le moral et l’engagement des équipes sur le terrain. Sans salaire, ces agents de santé peinent à assurer leurs besoins de base, ce qui peut affecter leur disponibilité et la qualité des interventions. Or, le suivi des contacts, la prise en charge des malades et la sensibilisation des communautés exigent une présence constante et motivée. Les représentants du personnel insistent sur la nécessité d’un calendrier clair de versement de leurs émoluments et d’une implication effective du pouvoir central pour leur garantir des conditions de travail dignes. Ces conditions sont jugées indispensables au maintien des activités de suivi et de prise en charge sur le terrain.
Un appel à la responsabilité des autorités
En réclamant leurs salaires, ces professionnels de santé mettent en lumière un dysfonctionnement dans la gestion des fonds alloués à la lutte contre Ebola. Leur indignation traduit un sentiment d’injustice et d’abandon, alors même que leur rôle est crucial pour éviter une propagation plus large du virus. La transparence sur l’utilisation des ressources publiques et un soutien concret aux acteurs de terrain apparaissent comme des préalables pour renforcer l’efficacité de la riposte. Sans réponse rapide, la confiance des intervenants pourrait s’éroder davantage, avec des conséquences directes sur la santé des populations de Kisangani.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
