Le pèlerinage diocésain de Mahagi-Nioka, prévu dans quelques semaines au sanctuaire d’Erira, n’aura pas lieu. Mgr Sosthène Ayikuli, évêque du diocèse, a annoncé l’annulation officielle de ce grand rassemblement religieux, une décision dictée par la progression de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri. L’objectif est simple : éviter les foules qui pourraient accélérer la transmission du virus, alors que l’épidémie a déjà causé plus de 1 900 décès en République démocratique du Congo.
Un rassemblement à risque dans un contexte sanitaire tendu
Chaque année, le pèlerinage attire des milliers de fidèles venus de toutes les paroisses du diocèse et des régions voisines. Dans un communiqué publié dimanche dernier, l’évêque a expliqué que la situation sanitaire ne permettait plus de maintenir un tel événement. Il a exprimé l’inquiétude des autorités religieuses face aux informations disponibles : « Les nouvelles selon lesquelles la maladie à virus Ebola continue de se propager, avec des cas confirmés et même des décès, nous angoissent tous. Et nous ne disposons pas d’informations fiables de la part de ceux qui nous les devaient. »
Cette déclaration souligne un double problème : la circulation active du virus et le manque de données claires pour évaluer le risque réel. En suspendant le pèlerinage, le diocèse applique un principe de précaution pour protéger les participants et leurs communautés d’origine. Les curés, vicaires et pèlerins sont invités à respecter strictement cette directive.
L’Ituri, un épicentre de l’épidémie
La province de l’Ituri est l’une des plus touchées par l’épidémie d’Ebola. Sur les 36 zones de santé que compte la province, 28 sont affectées, dont celles de Gampala et de Mahagi. Ces chiffres montrent que le virus circule activement dans des zones proches du lieu de pèlerinage, augmentant le risque de propagation lors d’un grand rassemblement.
Selon le bilan de l’Institut national de santé publique arrêté au 7 août 2026, la RDC a enregistré 4 209 cas confirmés de maladie à virus Ebola, avec 1 916 décès. Ces données rappellent la gravité de la situation et la nécessité de mesures fortes pour limiter les contacts entre les personnes.
Comprendre le risque pour mieux agir
La maladie à virus Ebola se transmet par contact direct avec les liquides corporels d’une personne infectée ou décédée. Les grands rassemblements, comme les pèlerinages, peuvent faciliter cette transmission si une personne malade y participe. En annulant l’événement, le diocèse réduit les occasions de contact rapproché entre des milliers de personnes venant de zones différentes, ce qui limite les chaînes de contamination potentielles.
Pour les fidèles, cette annulation est un sacrifice, mais elle s’inscrit dans une logique de protection collective. Les autorités sanitaires recommandent d’éviter les foules, de se laver régulièrement les mains et de signaler tout cas suspect. Ces gestes simples restent essentiels pour contenir l’épidémie.
Une décision qui engage la communauté
L’annulation du pèlerinage diocésain de Mahagi-Nioka n’est pas un acte isolé. Elle reflète la difficulté de concilier vie spirituelle et impératifs sanitaires dans une région durement frappée par Ebola. En prenant cette décision, Mgr Sosthène Ayikuli rappelle que la préservation des vies humaines doit primer, même sur les traditions religieuses les plus ancrées. Les fidèles sont appelés à vivre leur foi autrement, en attendant que la situation s’améliore.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
