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Mwene-Ditu : le maire menace de saisir les marchandises pour libérer la voie publique

La ville de Mwene-Ditu, dans la province de Lomami, s’apprête à vivre un tournant dans la gestion de son espace commercial. Le maire Gérard Tshibanda Kabue a annoncé des mesures coercitives pour libérer les voies publiques occupées par des vendeurs, une décision qui pourrait redessiner le paysage économique local. Après des mois de sensibilisation restés vains, l’autorité urbaine menace désormais de saisir les marchandises exposées sur la chaussée, notamment le long de l’avenue du Marché, un axe stratégique de la cité.

Un ultimatum après l’échec du dialogue

Depuis 2023, la mairie a multiplié les campagnes de sensibilisation pour inciter les commerçants à rejoindre le marché central. Mais l’occupation anarchique des trottoirs et des abords de la route nationale n°1 persiste. Face à ce constat, Gérard Tshibanda Kabue durcit le ton : « Pour le moment, ce que nous voulons faire, c’est commencer à ravir les biens », a-t-il déclaré. Les marchandises saisies pourraient être remises aux pensionnaires de la prison centrale, une mesure qui vise à frapper directement le portefeuille des récalcitrants.

Le marché central, une alternative gratuite mais boudée

L’autorité municipale s’étonne de la résistance des vendeurs, alors que des espaces sont disponibles sans frais au marché central. « Il y a beaucoup de places vides et on a donné même les places gratuitement sans demander aucun franc », explique le maire. Cette gratuité devait faciliter la transition, mais de nombreux commerçants préfèrent rester sur la voie publique, où le flux de passants garantit des revenus immédiats. Un choix économique à courte vue, selon la mairie, qui met en garde contre les risques d’accidents sur ces axes très fréquentés.

Des conséquences concrètes pour les ménages et les élèves

Au-delà de la fluidité du trafic, l’occupation des voies a des répercussions directes sur la population. Les élèves de l’école Luanyo, située à proximité des étals, subissent des nuisances sonores et une insalubrité croissante. « Les enfants n’étudient pas dans de bonnes conditions à cause du bruit et on jette même toutes les saletés dans les terrains de l’école », déplore Gérard Tshibanda Kabue. Ces conditions dégradées pèsent sur la qualité de l’enseignement et la santé publique, un coût social que la municipalité ne veut plus supporter.

La libération des artères principales pourrait aussi réduire les accidents de la route, qui ont déjà coûté la vie à plusieurs vendeurs. En orientant les commerçants vers le marché central, la mairie espère créer un environnement plus sûr et plus structuré, propice à une activité économique durable. Reste à savoir si les mesures annoncées seront appliquées avec la fermeté promise, et si les commerçants accepteront de troquer la visibilité de la rue pour la stabilité d’un espace aménagé.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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