La mobilisation numérique autour du GENOCOST a franchi une étape symbolique à Kinshasa. Le dimanche 9 août, à l’Académie des Beaux-Arts, la Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi a répondu à l’invitation lancée en ligne par Jonathan Batulukisi, dans le cadre de l’initiative « Du Virtuel au Réel-VAR ». Ce rendez-vous, né sur les réseaux sociaux, a réuni plusieurs jeunes pour un échange sur l’engagement citoyen et la responsabilité numérique.
Une condition non remplie, mais une dynamique saluée
La veille, la Première dame avait posé une condition à sa participation : l’atteinte du cap des 200 000 signatures à la pétition pour la reconnaissance du GENOCOST. Ce seuil n’a pas été franchi. Pourtant, Denise Nyakeru Tshisekedi a tenu à souligner la progression constante des signatures et des partages sur les plateformes numériques. Elle a relevé un engouement croissant, signe d’une prise de conscience collective. Cette mobilisation, bien qu’encore en deçà de l’objectif chiffré, témoigne d’une capacité de la jeunesse à se saisir d’une cause mémorielle et à la porter dans l’espace public.
Un usage responsable des plateformes numériques
Lors de cette rencontre, la Première dame a insisté sur le potentiel des réseaux sociaux au-delà du divertissement. Selon elle, ces outils peuvent valoriser les talents, transmettre des connaissances, créer des opportunités et éveiller les consciences. Elle a appelé à une mobilisation autour de causes d’intérêt collectif, en citant l’exemple du GENOCOST. L’initiative « Du Virtuel au Réel-VAR » entend précisément démontrer cette utilité sociale du numérique, en transformant une communauté en ligne en un levier d’action concret. La présence de la Première dame à cette rencontre, malgré la condition non remplie, a été perçue comme un signal fort en faveur de cet engagement.
La responsabilité derrière chaque écran
Denise Nyakeru Tshisekedi a également interpellé la jeunesse sur la notion de « jeunesse ya Bonne Qualité ». Celle-ci ne se mesure pas au nombre d’abonnés, de vues ou de commentaires. Elle a rappelé que derrière chaque écran se trouve une personne, et derrière chaque publication, une responsabilité. Elle a invité les jeunes à critiquer sans insulter, débattre sans détruire, vérifier les informations avant de les partager et utiliser leur voix pour unir et construire. Cet appel à la responsabilité individuelle s’inscrit dans un contexte où les réseaux sociaux sont souvent le théâtre de dérives. La Première dame a ainsi posé les bases d’une éthique numérique, essentielle pour que l’engagement en ligne conserve sa crédibilité et son efficacité.
De la communauté en ligne à l’action réelle
L’initiative « Du Virtuel au Réel-VAR » vise à démontrer qu’une communauté née en ligne peut devenir une force d’action dans la vie réelle. La mobilisation autour du GENOCOST illustre cette capacité de la jeunesse congolaise à transformer l’engagement numérique en actions concrètes. Les organisateurs entendent faire des réseaux sociaux des espaces de sensibilisation, de responsabilité et de construction collective. La rencontre à l’Académie des Beaux-Arts a ainsi matérialisé ce passage du virtuel au réel, en offrant un cadre d’échange direct entre la Première dame et les jeunes mobilisés. Cette dynamique pourrait préfigurer d’autres initiatives similaires, où la pression numérique se mue en plaidoyer tangible auprès des institutions.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
